Les Scythes


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Le nomadisme et ses origines



Ce sont des peuples sédentaires, du moins en Eurasie, qui ont formé les premiers nomades, à partir d'une certaine taille des troupeaux. La domestication des premiers mammifères remonte au VIIème millénaire, ainsi les égagres, chèvres peu farouches vis à vis de l'homme, puis vont s'ajouter les moutons, les boeufs (aurochs), les cochons etc... Cet élevage pour la nourriture va occasionner un semi nomadisme saisonnier. Mais la diminution des ressources agricoles, une organisation en tribus et un certain attrait pour la vie nomade vont faire basculer un certain nombre de peuples vivant dans les steppes ou les régions arides mais aussi plus au nord dans les régions boisées de Russie.


L'irruption des Scythes


Ainsi les Scythes, peuples de langue iranienne (iranien oriental), évoluent dans l'Asie Centrale au début du 2ème millénaire. Ils participent à la culture d'Andronovo, cultivent des céréales et pratique un élevage sédentaire. Puis à l'âge du Bronze, vers le XIVème siècle, ces sédentaires deviennent cavaliers nomades. Dans cette culture de Karassouk, la métallurgie se développe dans un style animalier. Au milieu du IXème siècle, un changement climatique affecte le sud de la Sibérie et transforme des régions semi désertiques en steppes humides. Il en résulte un accroissement significatif de la population proto-scythe et un déplacement vers l'Ouest au VIIIème siècle avant notre ère. Des raids de cavalerie dès le IXème siècle vers la Médie, l'Assyrie et l'Ourartou sont tout à fait possibles. Peut être s'ajoute-t-il un mouvement de populations, parmi les causes de ce déplacement, un refoulement possible dû aux Xiongnu. Hérodote nous parle des Massagètes qui auraient chassés les Scythes.


Au VIIème siècle les Scythes arrivent dans le Bosphore cimmérien (au nord de la mer Noire) et pressés effectivement par les Massagètes, ils refoulent les Cimmériens qui étaient sur place depuis - 1200. La conquête de ces terres ressemble à une course poursuite car les Cimmériens qui combattent comme fantassins ont appris des Scythes le combat à cheval. Une partie des Cimmériens fuit vers l'Asie Mineure, traverse le Caucase vers - 710 et se heurte au royaume d'Ourartu où le roi Argisthi II est vaincu. Les Scythes ayant franchi les montagnes du Caucase, participent activement aux guerres que se livrent les Assyriens, les Mèdes et les Babyloniens. Et parfois les Scythes et les Cimmériens conjuguent leurs efforts pour menacer l'Assyrie, ainsi vers - 680, Teushpa ou Chaishpish, un roi cimmérien conduit une offensive conjointe dans le Taurus, provoquant la rébellion des Ciliciens. L'assyrien Assarhaddon intervient et remporte la victoire aux Portes Ciliciennes. Ensemble aussi, ils attaquent en - 678, le royaume phrygien et renversent leur roi Midas qui se donne la mort. Les Scythes remportent aussi une victoire contre les Mèdes de Phraortes en - 653. Assarhaddon fait la paix avec eux et donne sa fille en mariage au chef scythe qu'il nomme Bartatua et qui porte aussi le nom de Prototyeos. Avec les Assyriens, les Scythes anéantissent l'armée cimmérienne, vers - 638. Le fils de Bartatua, Madyas soutient les Assyriens contre les Mèdes.


Vers - 628, les Scythes subjuguent la Médie, envahissent la Mésopotamie et sèment la terreur en Syrie-Palestine, conduits par leur roi Madyas. En - 625, sous le règne d'Assurbanipal II, les Scythes envahissent l'Ourartu et détruisent la forteresse de Teishebaini (aujourd'hui Kamir Blur en Arménie), battant le roi urartéen Sardour III puis son fils Rusa III. On a retrouvé des flèches incendiaires de section triangulaire qui ont mis le feu par delà les murailles aux toits en bois. Les lanciers à cheval et les fantassins pénètrent dans la citadelle après avoir détruit une porte latérale. Les Scythes s'avancent vers l'Egypte et Hérodote nous précise que le pharaon Psammétique 1er obtient d'eux "par des présents et des prières" qu'ils se retirent en - 611.


Source : Wikipedia.
Une plaque ornementale en or, représentant un animal composite, représentatif de l'art animalier scythe, provenant d'un kourgane du Kazakhstan,ve siècle av. J.-C. 

En chemin, à partir de - 680, les Scythes se sont installés en Russie méridionale, au nord de la mer Noire et sont au contact des cités grecques fondées par les Milésiens : Panticapée en Chersonèse Taurique (la Crimée actuelle et plus précisément vers le détroit de Kertch) et Olbia, près de l'actuelle Odessa. Ces cités vivent tellement du commerce qu'Hérodote les appelle emporia (comptoirs commerciaux).


A la fin du VIIème siècle, les Scythes changent de camp et participent avec les Mèdes et les Babyloniens à l'élimination de l'empire assyrien, et en 612, Ninive est détruite. Une fois les Assyriens disparus, le roi mède Cyaxare chasse les Scythes par un stratagème : les Mèdes laissent aux Scythes un camp abandonné rempli de vins et de vivres et une fois qu'ils sont ivres, les massacrent. Vers - 600, les Scythes retraversent le Caucase et reviennent au nord du Pont-Euxin, tandis qu'un partie se tourne vers l'Inde et une autre se réfugie en Lydie chez le roi Alyatte. Dans le Kouban, des liens étroits se nouent entre les Scythes et les Méotes.


Les contacts avec les Grecs


Les contacts des Scythes vont être nombreux avec le monde grec qui les nomme Skytai ou Skutai (qui veut dire archers), eux-mêmes se nomment Skolotes (les hommes au bouclier), ,tandis que les Perses les appellent Saces comme tous les nomades. Dans le Pont-Euxin où les Ioniens ont fondé les premières colonies à Sinope et à Trébizonde, vers - 756 selon Eusèbe, les Scythes vont rencontrer pour la première fois les Grecs. Leurs colonies s'organisent en cités grecques à partir du VIIème siècle. Les Scythes délaissent les rivages du Pont-Euxin et au début de la colonisation grecque du Pont, vivent dans les steppes proches du Caucase. Les premiers Grecs qui s'installent au bord de la mer d'Azov sont en contact avec les Sindes, un peuple Maïote d'agriculteurs. Puis au début du VIème siècle, les Scythes avancent jusqu'au Dniepr, près d'Olbia. Des échanges sporadiques de lots de marchandises depuis les bouches des grands fleuves permettent les premiers contacts. Puis les échanges se développent à partir d'Olbia et Panticapée. Les Scythes importent du vin, de la céramique, des bijoux et objets métalliques correspondant aux commandes des Scythes aisés. Les Scythes fournissent surtout du blé, mis aussi de la cire, du miel du bétail, du cuir et de la fourrure, ainsi que de l'or. En outre, les Scythes fournissent des esclaves. A Athènes, le tyran Pisistrate fait venir comme demosioi (esclaves publics) des archers scythes, achetés en Thrace ou sur les côtes du Pont, pour effectuer un service de police urbaine. A l'époque de la bataille de Salamine, ils sont 300 puis ce nombre monte jusqu'à 1 200. Il faut acheter chaque année trente à quarante esclaves qui parfois combattent en temps de guerre selon Schoemann, ces archers scythes sont encore à Athènes sous Périclès. Au fur et à mesure que les Grecs fondent des cités, les Scythes "remplissent" l'espace un peu vide que les premiers colons grecs ont trouvé.


Les Scythes sont répartis du Kouban à l'Est jusqu'au delta du Danube à l'Ouest. Ils occupent aussi la Chersonèse Taurique. Hérodote les distinguent entre Scythes laboureurs, au nord d'Olbia, les Scythes nomades, au nord de Tanaïs et les Scythes royaux (dont l'un des membres est choisi pour roi), vers la Crimée. Au Kouban, ils cohabitent avec les Méotes sédentaires et les marins grecs aux confins de leurs voyages. La rive orientale du Don est occupée par les Sauromates qui deviendront les Sarmates. Les Scythes jouent le rôle d'intermédiaires entre les emporia grecques et les nombreux peuples de la steppe et ceux qu'on appelle Hyperboréens (dans le grand nord). Les Scythes se livrent à l'agriculture et ils fournissent ainsi en blé les cités grecques jusqu'à Athènes. Ils pratiquent l'élevage et ils conservent leurs  talents d'excellents cavaliers. Ils connaissent la selle et la tactique consistant à provoquer l'ennemi en lui lançant des flèches et une fois proche de lui, faire demi tour et continuer à tirer avec précision en se retournant sur sa selle. En somme la tactique nommée 'flèche du Parthe"


Le kourgane d’Arjan, en Sibérie méridionale, à 700 km à l’ouest de la pointe occidentale du lac Baïkal, est constitué d’un remblai en pierre de 120 mètres de diamètre et de 3 à 4 mètres de haut qui recouvre une structure constituée de 70 cages en rondins rayonnant autour d’un double noyau central. On y a retrouvé les restes de 300 chevaux devant provenir d’un festin funéraire. L’archéologue M.P. Griaznov a estimé que 1500 hommes ont dû travailler durant une semaine pour édifier cette structure. Un homme et une femme vêtus de fourrures richement ornées sont enterrés au centre, dans des sarcophages. Ils sont accompagnés par quinze hommes et par 160 chevaux entièrement harnachés. On y a retrouvé des tapis, les plus anciens du monde, rehaussés d’or et d’argent, ainsi que des armes et des sculptures. Elles fournissent des exemples de l’art animalier caractéristique des Scythes. L’ancienneté du kourgane d’Arjan, daté du VIIIe siècle av. J.-C., tend à prouver que les Scythes avaient une origine très orientale. De grands kourganes, de 100 à 200 mètres de diamètre et d’une hauteur atteignant les 17 mètres, parsèment également l’Altaï, ainsi que, plus à l’ouest, le Kazakhstan. 


La guerre de Darius contre les Scythes


Mais ils conservent aussi leur art de la guerre. Ainsi quand Darius, peut être pour priver les Grecs de ce partenaire commercial qui leur fournit du bois de construction pour leur flotte, sans doute pour les punir des raids qu'ils ne manquent pas d'effectuer dans son empire, ou parce que leur roi lui refuse la main de sa fille selon Justin, décide de leur faire la guerre, il mène une importante armée et traverse les Détroits. Hérodote nous raconte comment le Grand Roi prépare sa campagne, fait réunir les troupes, préparer une flotte et construire un pont sur le Bosphore, à Chalcédoine, vers - 515. Le roi scythe Idanthyrse est bien renseigné et  il se rend compte qu'il ne peut se mesurer dans une bataille à une telle armée. Il envoie des ambassades aux rois des pays voisins concernés par cette invasion et leur propose une alliance mais il ne peut compter sur eux. Alors il décide de ne livrer aucun combat en rase campagne et de se retirer en comblant les puits et en brûlant toutes les cultures. La plus grande partie des Scythes, comprenant les femmes, les enfants et les troupeaux, se replie vers  le Nord  tandis que les meilleurs cavaliers conduits par Skopasis et Taxakis, se portent au devant de l'armée perse. Ils rencontrent l'ennemi à trois jours de marche de l'Ister (Danube). Puis en restant en permanence à un jour de marche de l'armée perse,  ils dévastent entièrement la région. Des Perses poursuivent les cavaliers scythes qui se replient vers le Tanaïs (à l'extrémité orientale du lac Maiotis (actuelle mer d'Azov) ce qui amène l'armée perse chez les Boudines, un des peuples qui a refusé l'alliance scythe. Les Perses incendient leur capitale construite tout en bois. La poursuite reprend vers le nord mais les Perses arrivent bientôt dans un désert qui demande sept jours de marche pour le traverser. Là, Darius fait construire huit fortins espacés de soixante stades. Mais les cavaliers scythes contournent les campement et repartent apparemment en direction de l'Ouest. Les travaux sont arrêtés et la poursuite reprend. Les Perses rencontrent un autre groupe de cavaliers qui les entraîne vers l'Est. Les peuples traversés laissent passer les Scythes et les Perses, mais les Agathyrses, peut être alliés aux Perses, leur refusent le passage. Alors les cavaliers scythes attirent les Perses vers leur territoire. Et cela continue jusqu'à ce que les Perses manifestent de la lassitude. Alors les Scythes laissent en évidence quelques troupeaux que les Perses affamés dévorent. Hérodote précise qu'à ce jeu, les troupes de Darius étaient acculées à la famine. Darius poursuit ces cavaliers scythes jusqu'à la Volga et stoppe puis décide une nuit d'abandonner le campement et les blessés pour rentrer en Perse. Il retraite comme il peut jusqu'au Danube mais les Scythes étonnamment, perdent sa trace. C'est pendant cette retraite que l'Athénien Miltiade tente de faire couper le pont pour isoler Darius et libérer les cités grecques d'Ionie, mais selon Cornelius Nepos, "Histiée de Milet en empêcha l'exécution". Les pertes de Darius sont conséquentes, Justin livre les chiffres suivants : sept cent mille hommes au départ laissant quatre-vingt mille morts. 


En - 495, le roi scythe Aristagoras envisage une riposte contre la Perse et il propose une alliance offensive au roi de Sparte Cléomène. Mais ce projet échoue, car Darius prend Abydos, une colonie spartiate. Les Scythes pillent la Thrace et occupent la Chersonèse. Après cette victoire contre le Roi des rois, le prestige des Scythes augmente au nord du Pont Euxin. La pression sur les cités grecques s'accroît au point que certaines comme Olbia, passe sous protectorat scythe. Une nouvelle dynastie royale va régner durant un siècle fondée par Aripeithes. La Scythie prospère et se renforce politiquement.   

 


Reconstitution d’un guerrier scythe. Source : http://blog.armae.com



Philippe II contre les Scythes


 Au Vème siècle, les rapports sont bons avec les Grecs du Pont. Vers - 440, une nouvelle dynastie de rois scythes s'installe et forme une alliance avec le royaume du Bosphore. L'un deux, Ateas semble le plus puissant, il réussit à contrôler les cités grecques de l'Ouest du Pont Euxin. Vers - 340, il a réuni l'ensemble des tribus scythes entre le Danube et la mer d'Azov et s'est avancé au sud du Danube, dans la Dobroudja. il fait la guerre aux Triballes et impose un tribut à une partie des Thraces. En difficulté dans sa campagne contre la tribu des Histriens de Thrace, Ateas demande le soutien de Philippe II de Macédoine qui a épousé sa fille et selon Justin, lui propose de l'adopter pour lui succéder sur le trône de Scythie. Mais bientôt le roi des Histriens meurt et le besoin de soutien disparaît. Ateas renvoie les ambassadeurs macédoniens venus demander une contribution aux frais de guerre et élude leurs questions. Plus tard, Ateas refuse de fournir des vivres aux troupes macédoniennes assiégeant Byzance. Philippe lève le siège et décide d'attaquer les Scythes. La rencontre a lieu dans les plaines de la Dobroudja, en Roumanie, en - 339. Les Scythes sont vaincus et le roi Ateas meurt à 90 ans ! Les Macédoniens perdent une grande partie du butin sur le chemin du retour.

Le collier-pectoral gréco-scythe en or du kourgane royal d'Ordjonikidze (Ukraine) - seconde moitié du ive siècle av. J.-C.


Les Scythes contre Alexandre


Les Scythes participent brillamment à la bataille de Gaugamèles du côté perse. Darius III les a placés sur son aile gauche, face à l'aile droite d'Alexandre. ils sont 4 000 cavaliers accompagnés de 1 000 Bactriens et une centaine de chars à faux selon Arrien. Cette cavalerie se bat courageusement et inflige l'essentiel des pertes de la cavalerie macédonienne : 60 Hétaires (les Compagnons) disparaissent. Alexandre retrouve des Scythes en Bactriane appelés Abiens, ce sont des Saces et Quinte-Curce comme Ammien parle du fleuve Tanaïs qui est en fait l'Araxe et non le fleuve qui se jette dans la mer d'Azov. Alexandre veut fonder une cité près de ce fleuve mais les Scythes massacrent les garnisons isolées. Leur technique de combat est identique. Alexandre fait transporter ses troupes sur des radeaux en protégeant le mieux possible ses soldats des flèches scythes, les rameurs eux mêmes sont protégés par leur cuirasse. Arrivés à terre, les Macédoniens chassent les Scythes avec leurs arcs et leurs frondes et la cavalerie, l'infanterie légère et les sarrissophores, bien que moins nombreux que les Scythes, les poussent à la fuite. L'ennemi laisse mille morts sur le champ de bataille, précise Appien. Selon lui, la maladie d'Alexandre qui a bu une eau malsaine oblige les Macédoniens à s'arrêter et sauve les Scythes.

Mais en - 331, son gouverneur de la Thrace, Zopyrion (ou Zepirion) se lance dans une expédition en Scythie et met le siège devant Olbia. Cette expédition est un échec, son armée est écrasée par les Scythes alliés à la cité d'Olbia et selon Justin, Zopyrion périt dans cette campagne. Vers - 310, les Scythes participent à la bataille de la rivière Thatis aux côtes du roi Satyros II en lutte contre son frère Eumèlès. C'est l'action de la cavalerie scythe qui décide de la victoire. (voir plus bas). Au temps des Diadoques, Diodore de Sicile écrit que Lysimaque combat avec succès  les Thraces et les Scythes coalisés vers - 313.

Applique en or représentant des guerriers scythes avec des arcs, Panticapeum, Crimée. ive siècle av. J.-C., Musée du Louvre.


La menace sarmate et le dernier royaume scythe 


Depuis le milieu du 4ème siècle, les Sarmates exercent à l'est, une pression croissante sur les Scythes et vont lentement les refouler vers l'Ouest. Pendant ce temps les Scythes, devenus sédentaires, créent des villes et se protègent derrière leurs remparts. Présents depuis le VIème siècle au delà de la Volga, les Sarmates vivaient en bonne intelligence avec leurs "cousins" les Scythes. Il semble qu'ils ont participé à la guerre contre Darius. Ce peuple est fortement imprégné par la guerre à laquelle participe les femmes. Celles ci tiennent un rang élevé dans la société sarmate. La pression sarmate augmentant, les Scythes se concentrent dans la Chersonèse Taurique et le bas Dniepr et le bas Boug mais poursuivent leur migration vers l'ouest en atteignant le territoire de l'actuelle Hongrie. Au IIIème siècle, la rive nord du Pont Euxin est pratiquement* conquise par les Sarmates et le nord ouest de la Chersonèse est âprement disputée entre Scythes, Sarmates et Grecs. Ainsi, une reine sarmate nommée Amagê défend la cité de Chersonèse contre les Scythes. Leur roi Skilouros et son fils Palakos, au IIème siècle, remplacent les établissements grecs, par exemple Kerkinitis, par des forteresses scythes pour se défendre contre les Sarmates et la politique expansive du roi du Pont Mithridate Eupator. Parmi ces forteresses, citons Neapolis, la capitale, Palakion et Chabaioi. Cette Petite-Scythie soumet Olbia et impose un tribut au royaume du Bosphore. A la fin du IIème siècle, Palakos obtient le soutien des Roxolans pour attaquer la cité de Chersonèse. C'est un échec pour les Scythes, ils sont vaincus par Diophante, le général en chef de Mithridate Eupator venu défendre Chersonèse assiégée. Selon Strabon, 6 000 soldats du royaume du Pont repoussent 50 000 Roxolans faiblement armés conduits par Tasios. C'est la fin de la puissance scythe.

Peigne gréco-scythe en or. Kourgane de Soloha. (près Nikopol Ukraine). ive siècle av. J.-C. Musée de l'Ermitage.


La présence romaine et la fin de l'histoire scythe


Parmi l'ensemble des tribus sarmates, les Roxolans traversent le Don au IIème siècle et peu de temps après sont une puissance autour du Pont-Euxin. Mithridate Eupator annexe la Chersonèse et le Bosphore Cimmérien vers - 107. Olbia redevient indépendante au Ier siècle avant notre ère. Puis vient l'influence romaine. Au début du Ier siècle de notre ère, le roi du Bosphore Aspourgos, client de l'Empire Romain et "Ami des Césars", est vainqueur des Scythes. Ces derniers reprennent le siège de Chersonèse qui appelle les Romains à son secours. Plautius Silvanus, le légat propréteur de Mésie, intervient pour faire lever le siège. Des soldats de la XIème légion stationnent en Crimée. Au Ier et IIème siècle, les Scythes combattent souvent le royaume du Bosphore et celui ci finit par l'emporter Au début du IIIème siècle, le royaume du Bosphore est sous la tutelle de Rome. A l'est du Don, les Huns battent les Massagètes qui sont venus au IIIème siècle. Au milieu du IIIème siècle, sous la poussée des Goths venus d'Ukraine, les Scythes sont refoulés vers les montagnes du sud-ouest de la Crimée. Les Goths poursuivent leur marche vers l'Ouest en faisant des incursions avec des groupes d'Alains et de Sarmates, dans les provinces danubiennes proches. Le roi du Bosphore Rhescuporis IV Tiberius Julius subit l'invasion des Goths et des Boranes et leur autorité. A ce moment, Chersonèse est défendue par des sections de la XIè légion claudienne, de la 1ère légion italique et de la flotte mésienne augmentées de cohortes auxiliaires recrutées en Espagne. Une inscription de 250 mentionne un centurion de la 1ère légion italique nommé Marcus Ratius Saturnin. Ensuite l'empereur Gallien évacue les forces romaines de la cité de Chersonèse et rassemble ses troupes pour faire face, avec succès, aux attaques des Goths et leurs alliés par le nord du Pont-Euxin. Mais en 268, les Germains préparent une considérable expédition maritime à partir de la Méotide (par l'actuel détroit de Kertch). 


6000 navires selon l'historien byzantin Zosime, sont rassemblés à l'embouchure de la Tiras (Dniestr) pour l'invasion des provinces romaines du Pont Euxin selon Ammien Marcellin. Des Ostrogoths, des Gépides, des Peuces, des Hérules et des Celtes avancent par mer et à terre mais ni Panticapée ni Chersonèse, pourtant désertée par les légionnaires, ne sont attaquées, Gallien réussit à les faire fuir. En 276, Florien commande les armées romaines victorieuses des Germains dans le Caucase et reprend la lutte victorieusement. Mais il doit bientôt cesser sa campagne pour réduire l'usurpateur Probus. Le roi du Bosphore cimmérien Teiranès Tiberius Julius, "Ami de César et des Romains", est vainqueur des Germains déjà affaiblis par l'empereur Florien. Mais entre temps le dernier royaume scythe a disparu. Enfin les Huns terminent cette histoire scythe vers 375. Les Scythes sont assimilés par les divers groupes d'envahisseurs : Iaziges, Roxolans, Aorses, Siraques, Ourgues, Alains, Goths et Huns.










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