Les romains en Ecosse


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D'après l'historien romain Tacite, les Calédoniens étaient le dernier peuple celte libre de l'Empire romain. Après eux, il n'y avait plus rien, si ce n'est la mer. En 84 après J.-C, Julius Agricola envoya une armée au nord. Bien qu'ayant battu les Calédoniens, lui-même et ses successeurs furent incapables de soumettre ce fier peuple nordique. Il ne restait plus qu'une solution aux Romains: construire des murs fortifiés à travers l'île de Bretagne.

Après avoir écrasé la révolte de Boudicca, Petronius Turpilianus consolida la mainmise de Rome sur les provinces les plus isolées. Son successeur, Agncola, entreprit une politique d'expansion dans la Bretagne romaine. Entre 71 et 74, il soumit les Brigantes au nord de l'île de Bretagne. Il pénétra ensuite derrière leurs frontières tribales jusqu'à la Forth et la Clyde dans les territoires des Votadani, des Selgovae, des Novantae et des Damnonii. En 80-81, il s'aventura dans les collines situées au pied des Highlands et établit une forteresse pour ses légions à Inchtuthill sur la Tay.

La province romaine de l'île de Bretagne s'étendait désormais dans le sud de l'Ecosse. Inchtuthill marqua la limite de I'avancée dans les Highlands et, tandis qu'une série de forts étaient construits pour empêcher les incursions des Calédoniens dans les territoires romains du sud, Agricola continua ses campagnes dans le nord-est de l'Ecosse. Son objectif était de contraindre la dernière armée celte à une bataille rangée. En 84, il avança au nord d'Inchtuthill, à l'embouchure du Don (l'actuelle Aberdeen).

Ayant installé une base d'approvisionnement, Agricola poussa vers le nord-ouest où il se heurta à une armée calédonienne menée par Calgacos au mont Graupius (probablement la montagne de Bennachie, près d Inverrune). Comme d'habitude, les Celtes furent écrasés et ce fut pour Agricola une victoire décisive. Mais le mont Graupius marqua aussi l'extrême limite nord de la pénétration des Romains dans l'île de Bretagne, Agncola s'étant retiré à Inchtuthill. Les Calédoniens étaient peut-être vaincus, mais pas soumis.

Vers 100, les Romains abandonnèrent leurs positions sur les rives de la Tay et reculèrent dans une région située entre la Forth et la Clyde. Ils encouragèrent alors les tribus à jouer un rôle d'États tampons entre leurs garnisons et les Calédoniens situés plus au nord. Ces tribus étant liées aux Romains par des relations commerciales, on pouvait penser qu'elles seraient peu disposées à supporter des attaques contre leur pays. Cependant, une révolte dans le nord de l'île de Bretagne en 117 entraîna la venue de l'empereur Hadrien qui désirait se rendre compte personnellement de la situation. 

LE GRAND MUR

II retira ses troupes du nord de l'île de Bretagne et éétablit une nouvelle ligne fortifiée qui s'étendait de Wallsend, sur la Tyne, à Bowness sur le golfe de Solway. Le mur d'Hadrien était une construction gigantesque qui constituait une ligne infranchissable protégeant le sud de l'île de Bretagne des incursions des Calédoniens venant du nord. Aujourd'hui, les vestiges de ce mur permettent de comprendre l'habilité des constructeurs et la puissance militaire de Rome. Au bout de vingt ans, la politique changea, et les Romains entreprirent d'occuper à nouveau le sud de l'Ecosse. À cette époque, les légions établirent une nouvelle ligne fortifiée de la Forth à la Clyde. Cette fortification, faite de tourbe et de bois, est connue sous le nom de mur d'Antonin, du nom d'Antonius Pius. Mais la région resta peu sûre, et une série de raids au-delà du mur d'Antonin ainsi que des rébellions dans le sud de l'Ecosse constituèrent pour les Romains une source continuelle de dépenses en hommes et en ressources.

Au début du IIIe siècle, l'empereur Septime Sévère arriva en Ecosse et prit la tête d'une campagne contre les Calédoniens. Les garnisons romaines s'étaient encore une fois retirées vers le sud, laissant le territoire situé au sud du mur d'Antonin sous la protection de tribus alliées, Bien que victorieuses, les campagnes de Septime Sévère ne purent conduire les Calédoniens à l'affrontement direct. N'ayant pas obtenu ce qu'il voulait, l'empereur rentra à Rome.
Le mur d'HadrienLe mur d'Hadrien était une merveille d'ingéniosité, mais sa surveillance demandait de nombreuses garnisons. Au cours du IIIe et du IVe siècle, les Romains confièrent sa défense à des troupes recrutées dans le nord de l'île de Bretagne. Inévitablement, ces soldats établirent des relations avec leurs compagnons celtes du nord. Alors que des dissensions internes de l'Empire romain affaiblissaient petit à petit la défense des frontières, les incursions des Pictes, des Scots, des Irlandais et des Saxons devinrent monnaie courante. À la fin du IVe siècle, il était devenu pratiquement impossible d'empêcher les Celtes du Nord de pénétrer jusqu'au cœur de la province romaine désorganisée. 

 

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