Les Bretons


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Nota : cet article traite des anciens Bretons, habitants de l’île de Bretagne, ou Grande-Bretagne et non des Bretons, habitants de l’actuelle région de Bretagne en France.

Le nom Bretons, a pour sens premier de désigner les anciens habitants à caractère celtique de (l’île de) Bretagne, par opposition aux envahisseurs germaniques Anglo-Saxons et aux envahisseurs celtes d’Irlande (Scots (peuple)) qui s’installèrent dans l’île durant le haut Moyen Âge. Aussi, sa définition pose la double question du peuplement de l’île de Bretagne, et du « caractère celtique » de ce peuplement.

Cette question doit être considérée pour deux périodes distinctes qui durent près de mille ans : durant la préhistoire et la protohistoire de l’île, avant la conquête romaine d’une part ; durant le haut Moyen Âge d’autre part.

DES ORIGINES PRÉHISTORIQUES

Les Bretons, c’est-à-dire les anciens habitants de Grande-Bretagne, comprenaient à l’époque située immédiatement avant la conquête romaine de nombreux peuples et tribus dont le caractère celtique est avéré, notamment dans le sud de l’île et à l’embouchure de la Tamise ; pour autant « quand et comment les îles – Bretagne et Irlande – devinrent celtiques est rien moins que certain » (Barry Raftery).

Si des relations continues avec le continent existaient durant la période de Hallstatt (au premier âge du fer), la production archéologique des îles à cette période demeure résolument autochtone.

À l’époque de la Tène, une métallurgie du fer existe dans les deux îles (dès le VIIe siècle siècle avant notre ère en Irlande). Mais il faut attendre le IVe siècle siècle avant notre ère (et le IIe, voire le Ier siècle en Irlande) pour que le matériel archéologique comprenne une production métallurgique laténienne, celle-ci faisant totalement défaut pour la Tène ancienne. Dans le même temps, la « société bretonne » nous donne de nombreux indices d’une hiérarchie très forte, dominée par une classe aristocratique à même d’importer de tels objets du continent.

À la fin du IIIe siècle siècle avant notre ère, des émissions de monnaie ont lieu dans le sud de la île de Bretagne : aucune monnaie (pour la période correspondant à la période préromaine de l’île de Bretagne) n’a été découverte en Irlande.

Indubitablement, si l’on excepte la possibilité d’incursions épisodiques depuis le continent (nord de la Gaule, littoral atlantique), le peuplement des îles britanniques est donc demeuré largement préhistorique.

LES PEUPLES BELGES DE LA TAMISE

C’est pour la fin de la protohistoire continentale que César mentionne une invasion de l’île de Bretagne par les Belges en -75. Celle-ci, peut-être due à la pression exercée par les Germains sur les Belges, est attestée tant par le mobilier inventé dans le sud-est de l’Angleterre que par l’étymologie.

PICTES, CALÉDONIENS ET PEUPLES « NON-CELTES »

Les Bretons sont également à distinguer de peuples ou de groupements de peuples connus à travers les sources antiques à la période romaine et dont le caractère celtique est incertain ou faux : on a ainsi vu dans les Pictes (terme d’origine latine évoquant la peinture dont ils usaient) les premiers habitants indigènes de l’île de Bretagne ; ceux-ci auraient été repoussés dans le nord de l’île à une époque incertaine. De fait, le nom de Pictes servait à désigner les populations établies au nord du mur d’Hadrien durant la période romaine, puis dans le nord et l’est de l’Écosse à l’époque de Bède le Vénérable. de même, le nom de Calédoniens – c’est-à-dire les habitants de la Calédonie, soit le nom antique de l’Écosse – a pu désigner les Pictes ou d’autres peuples non-celtes.

MIGRATIONS CELTIQUES AU HAUT MOYEN ÂGE

À partir du milieu du Ve siècle, de nouveaux envahisseurs germaniques, les Anglo-Saxons repoussèrent progressivement les Bretons du sud et de l’est vers l’ouest de l’île de Bretagne tandis que les Irlandais effectuaient des raids sur la côte ouest de la Bretagne (c’est d’ailleurs à cette occassion que saint Patrick qui était breton fut capturé). Ils finirent par fonder de véritables principautés sur les côtes galloises et écossaises. Si les premières furent finalement écrasées, les secondes donnèrent naissance à l’Écosse par la fusion du Dal Radia avec les royaumes britonniques du nord. Durant cette période sur laquelle les sources fiables font défaut (ce sont les « âges sombres » ou Dark Ages de l’historiographie anglaise), des populations celtes peu romanisées établirent de nombreux « royaumes celtiques » dans l’île, notamment dans le pays de Galles et d’autres migrèrent en Irlande. De même, là se trouve probablement la cause première d’une émigration en masse de Bretons vers la péninsule armoricaine, celle-ci prenant alors le nom de Bretagne. 

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