Le second siège arabe de Constantinople en 717-718


10 min lu

Après le premier siège de Constantinople par les Arabes (674-678), les Arabes et les Byzantins jouissent d’une période de paix. À partir de l’année 680, le Califat omeyyade est en proie à la deuxième guerre civile musulmane (deuxième fitna) et les Byzantins prennent brièvement l’ascendant en Orient, ce qui leur permet d’exiger de lourds tributs de la part du gouvernement omeyyade de Damas. 

En 692, date de la fin de la deuxième guerre civile avec la victoire des Omeyyades, Justinien II rouvre les hostilités. Toutefois, ces dernières voient les Arabes remporter une série de victoires qui leur permettent de mettre la mainmise sur l’Arménie et les principautés caucasiennes. Ils commencent même à empiéter sur les terres byzantines. Année après année, les généraux du califat, souvent issus de la famille omeyyade, lancent des raids sur le territoire byzantin et prennent des villes et des forteresses. 

Après 712, le système défensif byzantin commence à montrer des signes d’effondrement. Les raids arabes pénètrent de plus en plus profondément en Anatolie tandis que les forteresses frontalières sont régulièrement attaquées et mises à sac, et que la réaction byzantine est de plus en plus faible. Les Arabes sont aidés dans leurs attaques par la période prolongée d'instabilité interne que connaît l'Empire byzantin après la première déposition de Justinien II en 695. 

Lors de cette période, le trône byzantin change de mains à sept reprises lors de rébellions violentes. Toutefois, comme le précise l'historien Warren Treadgold « Les attaques arabes se seraient de toute façon intensifiées après la fin de leur propre guerre civile… Avec plus d'hommes, de terres et de richesses que les Byzantins, les Arabes avaient commencé à concentrer toutes leurs forces contre ceux-ci. Maintenant, ils menaçaient d'annihiler complètement l'empire en prenant sa capitale ».

Les succès arabes ouvrent la voie d'un deuxième assaut contre Constantinople. Ce projet se développe lors du règne du calife Al-Walīd Ier. Après la mort de ce dernier en 715, son frère et successeur Sulayman reprend le projet avec une vigueur renouvelée, en raison d'une prophétie disant qu'un calife portant le nom d'un prophète capturerait Constantinople. 

Or Sulayman (Salomon) est le seul membre de la famille omeyyade à porter un tel nom. Selon les sources syriaques, le nouveau calife jure même de « ne pas arrêter la lutte contre Constantinople avant d'avoir épuisé le pays des Arabes ou d'avoir pris la cité ». Les forces omeyyades commencent à se rassembler dans la plaine de Dabiq, au nord d'Alep, sous la supervision directe du calife. Toutefois, comme ce dernier est trop malade pour diriger la campagne en personne, il confie le commandement de l'expédition à son frère Maslama ben Abd al-Malik. L'opération contre Constantinople intervient à un moment où l'État omeyyade connaît une période d'expansion continue à l'est et à l'ouest. Les armées arabes avançant jusqu'en Transoxiane, en Inde et en Espagne.

Les préparatifs arabes, notamment la construction d'une importante flotte, ne sont pas inconnus des Byzantins. L'empereur Anastase II envoie une ambassade à Damas dirigée par le patrice et préfet urbain Daniel de Sinope dans le but officiel de supplier les Arabes de mettre fin à leur projet. Officieusement, cette mission doit surtout espionner les Arabes. De son côté, Anastase commence à se préparer pour un siège inévitable. Les fortifications de Constantinople sont réparées et équipées avec une importante artillerie, tandis que des provisions sont apportées au sein de la cité. Enfin, les habitants qui ne peuvent stocker de la nourriture pour au moins trois ans sont évacués de Constantinople. 

Anastase renforce aussi sa marine et, au début de 715, il l'envoie contre la flotte arabe qui vient d'arriver sur les rivages de Lycie, à Phoenicus, pour s'y ravitailler en bois. Toutefois, à Rhodes, la flotte byzantine encouragée par les soldats du thème de l'Opsikion se rebelle et tue son commandant, Jean le Diacre. Elle fait ensuite voile vers le nord et Adramyttion. Là, elle choisit comme empereur un collecteur d'impôt peu enthousiaste, du nom de Théodose. Anastase se rend en Bithynie dans le thème de l'Opsikion pour se confronter aux rebelles. Cependant, la flotte rebelle fait voile vers Chrysopolis. De là, elle lance des attaques contre Constantinople jusqu'à ce qu'à l'été suivant, des partisans lui ouvrent les portes de l'intérieur. 

Anastase reste à Nicée durant plusieurs mois, jusqu'à ce qu'il accepte d'abdiquer et de se retirer comme moine. Cela ne met pas pour autant fin à l'instabilité. En effet, en plus d'être décrit par les sources comme incapable et peu disposé à devenir empereur, Théodose est perçu comme une marionnette aux mains de l'Opsikion, ce qui provoque la réaction des autres thèmes, notamment ceux des Anatoliques et des Arméniaques, sous l'égide de leur stratège respectif : Léon l'Isaurien et Artabasde.


La marche des Arabes sur Constantinople

Dans ces conditions de quasi-guerre civile, les Arabes commencent leur progression soigneusement préparée. En septembre 715, l'avant-garde dirigée par le général Sulayman ibn Mu'Ad marche à travers la Cilicie en Asie Mineure, prenant la forteresse stratégique de Loulon sur sa route. Il passe ensuite l'hiver à Afik, une localité non identifiée près de l'extrémité occidentale des Portes ciliciennes. Au début de 716, l'armée de Sulayman continue sa progression dans l'Asie Mineure centrale. La flotte omeyyade dirigée par Omar ibn Hubaira croise le long de la côte de la Cilicie, pendant que Maslamah ibn Abd al-Malik attend avec le gros de l'armée en Syrie. Les Arabes espèrent que la désunion parmi les Byzantins jouera à leur avantage. Maslamah a déjà établi des contacts avec Léon l'Isaurien. On ne sait pas ce qu'a promis Léon à Maslamah. L'historien français Rodolphe Guilland a émis l'hypothèse que Léon a promis de devenir un vassal du califat, bien que les généraux byzantins aient essayé d'utiliser les Arabes pour servir leurs propres intérêts. De son côté, Maslamah soutient Léon en espérant renforcer le désordre interne de l'Empire byzantin et affaiblir celui-ci, dans le but de faciliter la prise de Constantinople.


Le premier objectif de Sulayman est la forteresse stratégiquement importante d'Amorium, que les Arabes veulent utiliser comme base pour passer le prochain hiver. La ville a été laissée sans défense dans la confusion de la guerre civile et tomberait facilement dans les mains des forces du calife. Toutefois, les Arabes se servent de cette occasion pour renforcer la position de Léon comme contrepoids à Théodose. Ainsi, ils n'acceptent les termes de la reddition qu'à la condition que les habitants reconnaissent Léon comme empereur. Les habitants obéissent mais n'ouvrent toujours pas leurs portes aux Arabes. Léon lui-même vient à proximité peu après avec une poignée de soldats. À la suite d'une série de ruses et de négociations, il parvient à y installer une garnison de 800 hommes. L'armée arabe, entravée dans ses objectifs et faisant face à une baisse de ses provisions, se retire. Léon lui-même parvient à s'échapper avec succès vers la Pisidie et, lors de l'été suivant, il est couronné empereur avec le soutien d'Artabasde.


Le succès de Léon est un coup de chance pour les Byzantins, car Maslamah et l'armée arabe principale ont dans le même temps traversé les montagnes du Taurus et marchent droit sur Amorium. En outre, comme le général arabe n'a reçu aucune nouvelle du double accord de Léon, il ne dévaste pas les territoires qu'il traverse dans les Anatoliques et dans les Arméniaques, dont les gouverneurs sont toujours censés être des alliés. Lorsqu'il rencontre l'armée de Sulayman se repliant et qu'il apprend ce qu'il s'est passé, Maslamah change de direction. Il attaque Akroïnon et de là, il marche vers les côtes occidentales où il passe l'hiver. 

Sur sa route, il met à sac Sardes et Pergame. La flotte arabe passe l'hiver en Cilicie. Dans le même temps, Léon commence à marcher en direction de Constantinople. Il s'empare de Nicomédie où il trouve et capture parmi d'autres dignitaires le fils de Théodose. Il se dirige ensuite vers Chrysopolis. Au printemps 717, après de courtes négociations, il s'assure de l'abdication de Théodose qui le reconnaît comme empereur. Léon entre dans la capitale le 25 mars. Théodose et son fils reçoivent l'autorisation de se retirer dans un monastère comme moines. Quant à Artabase, il est récompensé en étant promu au rang de curopalate et en recevant la main d'Anne, la fille de Léon.


Été 717 - hiver 718 : le siège s'installe dans la durée

Au début de l'été, Maslamah ordonne à sa flotte de faire voile pour le rejoindre et lui permettre de traverser l'Hellespont et de débarquer en Thrace. Les Arabes commencent alors leur marche sur Constantinople tout en dévastant les campagnes qu'ils traversent. Ils en profitent pour rassembler de l'approvisionnement et mettre à sac les villes qu'ils rencontrent. À la mi-juillet ou à la mi-août, l'armée arabe atteint Constantinople et l'isole complètement par terre en construisant une double muraille en pierre, l'une faisant face à la cité et l'autre faisant face à la campagne thrace. Les Arabes construisent leur camp entre ces deux remparts. Selon les sources arabes, Léon offre alors un tribut pour sauver la cité en promettant une pièce d'or pour chaque habitant. Toutefois, Maslamah répond qu'il ne peut y avoir de paix avec le vaincu et que la garnison arabe de Constantinople a déjà été choisie.


La flotte arabe dirigée par Sulayman (souvent confondu avec le calife lui-même dans les sources médiévales) arrive le 1er septembre. Elle jette d'abord l'ancre près d'Hebdomon. Deux jours plus tard, Sulayman conduit sa flotte dans le Bosphore et les diverses escadres commencent à jeter l'ancre près des banlieues européennes et asiatiques de la capitale. Une partie de la flotte jette l'ancre au sud de Chalcédoine, dans les ports d'Eutropios et d'Anthémios, pour contrôler l'entrée sud du Bosphore, tandis que le reste de la flotte mouille dans le détroit et commence à débarquer sur le rivage entre Galata et Kleidion pour couper les communications entre Constantinople et la mer Noire. Toutefois, alors que l'arrière-garde de la flotte arabe comprenant vingt navires lourds avec 2 000 fantassins de marine passe à proximité de la ville, le vent du sud l'arrête avant de la repousser vers les murs de Constantinople. 

Là, une escadre byzantine l'attaque avec du feu grégeois. Théophane rapporte que certains navires sombrent avec tout leur équipage tandis que d'autres brûlent. Cette victoire remonte le moral des Byzantins et décourage les Arabes. Selon Théophane, ces derniers avaient d'abord pour but de faire voile vers les murs maritimes la même nuit et d'essayer de les gravir en utilisant les rames des navires. La même nuit, Léon relève la chaîne entre la ville et Galata pour fermer l'entrée de la Corne d'Or. La flotte arabe renonce alors à engager les Byzantins et se retire vers le port de Sosthenion plus au nord, sur la côte européenne du Bosphore.


Hiver 718 - été 718 : de l'érosion au départ des forces arabes

L'armée arabe est bien approvisionnée, les vivres étant entassés en de grands tas au sein de leur camp. Ils ont ainsi apporté du blé à semer et récolter l'année suivante. Toutefois, l'échec du blocus maritime de Constantinople permet aux Byzantins de continuer à approvisionner la cité. En outre, l'armée arabe ayant dévasté la campagne thrace, elle ne peut compter sur cette dernière pour son approvisionnement. La flotte arabe et la deuxième armée arabe qui opère contre les banlieues asiatiques de Constantinople parviennent à fournir quelques ravitaillements à l'armée de Maslamah. Alors que le siège s'étend durant l'hiver, des négociations s'ouvrent entre les deux parties. Elles sont rapportées en détail par les sources arabes mais ignorées par les historiens byzantins. Selon les récits arabes, Léon continue de jouer un double jeu. Une version affirme qu'il convainc par ruse Maslamah de lui envoyer la plupart de ses provisions en céréales. Une autre version dit que le général arabe est persuadé par l'empereur de brûler ses réserves pour montrer aux habitants de la cité qu'ils vont faire face à un assaut imminent et les inciter à se rendre. 

L'hiver de l'année 718 est incroyablement rude. La neige recouvre le sol trois mois durant. Alors que les provisions présentes dans le camp arabe s'épuisent, une forte famine s'installe. Les soldats sont contraints de manger leurs chevaux, leurs chameaux et tout leur bétail, ainsi que les écorces et les racines des arbres. Ils enlèvent la neige des champs qu'ils ont semés pour manger les pousses encore vertes. Des cas de cannibalisme sont aussi rapportés. L'armée arabe est ravagée par les épidémies et, selon l'historien lombard Paul le Diacre, le nombre des morts de la faim et de la maladie s'élève à 300 000.

La situation semble s'améliorer quand Omar II, le nouveau calife, envoie deux flottes de secours à l'armée arabe. Elles comprennent 400 navires venant d'Égypte sous le commandement d'un dénommé Sufyan et 360 navires venant d'Ifriqiya dirigés par Izid. Tous ces navires sont chargés d'armes et de provisions. Dans le même temps, une armée commence à traverser l'Asie Mineure pour soutenir le siège. Quand les deux flottes arrivent en mer de Marmara, elles restent à distance des Byzantins et de leur feu grégeois et jettent l'ancre sur le rivage asiatique. La flotte égyptienne se positionne dans le golfe de Nicomédie près de l'actuelle ville de Tuzla et la flotte africaine mouille au sud de Chalcédoine. La plupart des équipages sont composés de chrétiens d'Égypte. 

Cependant, ils commencent à déserter et à rejoindre les Byzantins après leur arrivée. Grâce aux informations reçues sur l'arrivée et la disposition des renforts arabes, Léon lance sa flotte dans une attaque contre les flottes adverses. Handicapés par la défection de leurs équipages et sans défense contre le feu grégeois, les navires arabes sont détruits ou capturés avec les armes et les provisions qu'ils transportent. Constantinople est dès lors assurée de ne pas subir d'attaque maritime. En outre, sur terre aussi les Byzantins sont victorieux. Leurs troupes parviennent à tendre une embuscade à l'armée arabe dirigée par un certain Mardasan et réussissent à la mettre en déroute dans les collines autour de Sophon, au sud de Nicomédie.

Dorénavant, Constantinople peut facilement être réapprovisionnée par mer et les pêcheurs de la cité peuvent reprendre leurs activités. Souffrant toujours de la faim et de la peste, les Arabes perdent une bataille importante contre les Bulgares. Ces derniers auraient tué 22 000 hommes selon Théophane. Néanmoins, on ne sait pas si les Bulgares ont attaqué le camp arabe du fait du traité signé avec Léon ou si les Arabes ont pénétré sur le territoire bulgare pour y chercher de l'approvisionnement, comme cela est mentionné par la Chronique syriaque de 846. Michel le Syrien rapporte que les Bulgares avaient participé au siège depuis son début en attaquant les Arabes lors de leur passage en Thrace puis attaqué leur campement par la suite, mais cette information n'est corroborée par aucune autre source 

Quoi qu'il en soit, le siège est un échec et le calife Omar envoie l'ordre à Maslamah de battre en retraite. Après 13 mois, le 15 août 718, les Arabes lèvent le siège. Cette date coïncide avec la fête de la Dormition de la Vierge. De ce fait, les Byzantins attribuent leur victoire à son action. Lors de leur repli, les Arabes ne subissent aucune attaque mais leur flotte perd de nombreux navires dans une tempête sur la mer de Marmara, tandis que d'autres navires sont brûlés par des cendres venant du volcan de l'archipel de Santorin. Certains survivants sont ensuite capturés par les Byzantins. Selon Théophane, seuls cinq navires rentrent ainsi finalement en Syrie. Les sources arabes affirment que les pertes arabes s'élèvent à 150 000 hommes lors de l'ensemble du siège, un chiffre qui, en dépit de son exagération évidente, donne une idée de l'importance de la défaite.


Conséquences et impact

Le rétablissement des Byzantins

L'échec de l'expédition fragilise l'État omeyyade. Bernard Lewis dit ainsi : « Cet échec entraîne une période critique pour le pouvoir omeyyade. La pression financière provoquée par la nécessité d'équiper et de maintenir l'expédition a causé une aggravation du poids financier et fiscal, qui a déjà été à l'origine d'une dangereuse opposition. La destruction de la flotte et de l'armée de Syrie près des murs maritimes de Constantinople prive le régime du support principal de son pouvoir ».

Le coup porté à la puissance du califat est sévère et bien que l'armée ne souffre pas de pertes aussi élevées que la flotte, Omar songe à abandonner les récentes conquêtes d'Hispanie et de Transoxiane et à évacuer complètement la Cilicie et les autres territoires byzantins pris par les Arabes les années précédentes. Bien que ses conseillers l'avisent de ne pas prendre de décisions aussi drastiques, la plupart des garnisons arabes sont retirées des fortifications byzantines de la frontière. En Cilicie, seule Mopsueste reste entre les mains des Arabes comme position défensive pour protéger Antioche. 

En outre, les Khazars, régulièrement soutenus par la diplomatie byzantine font peser une menace croissante sur la frontière caucasienne des Omeyyades, obligeant ces derniers à y mobiliser d'importantes forces jusqu'à leur victoire en 737. De plus, les Byzantins reprennent le contrôle de territoires en Arménie occidentale pour un temps. En 719, la flotte byzantine lance un raid contre la côte syrienne et incendie le port de Laodicée. En 720 ou 721, les Byzantins attaquent et mettent à sac la cité de Tinnis en Égypte. 

Léon restaure aussi le contrôle byzantin sur la Sicile où les nouvelles du siège arabe de Constantinople et la perspective de la chute de la ville ont poussé le gouverneur local à proclamer un empereur fantoche. Toutefois, c'est aussi à cette époque que le contrôle byzantin sur la Sardaigne et la Corse cesse. En outre, les Byzantins ne parviennent pas à exploiter leur succès en lançant des attaques contre les Arabes. En 720, après deux ans d'interruption, les raids arabes contre l'empire reprennent bien qu'ils ne soient plus destinés à entraîner des conquêtes. Leur but n'est plus que d'amasser des butins. Les attaques arabes s'intensifient lors des deux décennies qui suivent, jusqu'à ce qu'une victoire byzantine décisive lors de la bataille d'Akroinon en 740 change la donne. Après des défaites militaires dans d'autres régions et une instabilité interne qui culmine avec l'arrivée des abbassides, l'âge de l'expansion arabe est terminé.

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.