Rome et la conquête de l'Italie


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Rome qui vient de repousser les invasions gauloises, en tire finalement profit. L'ennemi étrusque est durablement affaibli, la Plaine du Pô est perdue pour lui, et la chute quasi simultanée de leurs forteresses de Melbum au Nord et Véies au Sud sont le début de la fin de la "nation étrusque". En outre le danger gaulois a resserré les liens entre Rome et ses alliés Latins.

Les guerres samnites

Face aux Éques et aux Volsques, les Herniques ont rejoint le camp de Rome et de ses alliés Latins. L'avancée vers le Sud en est facilitée. Elle est ponctuée par la construction de citadelles comme Cora, Norba et Signia qui contrôlent le passage entre le territoire des Volsques et celui des Éques. Ces derniers cessent rapidement de lutter, mais les Volsques reconquièrent systématiquement le terrain perdu. Il faut à l'armée romaine une guerre entre - 389 et - 377 pour s'assurer la maîtrise des marais Pontins avec les forteresses de Satricum et de Setia. A mesure que les succès de Rome et de ses alliés sont décisifs en Italie centrale, la discorde s'installe. La domination romaine est devenue insupportable. En voici un exemple : Rome est appelée comme arbitre entre les habitants d'Aricie et ceux d'Ardée en querelle au sujet d'un territoire litigieux. Les Romains tranchent en s'adjugeant le territoire convoité. L'affaiblissement de l'ennemi commun mine l'alliance. Le partage des marais Pontins provoque une rupture. Les Herniques s'allient aux Latins contre Rome. Lanuvium, Praneste, Tusculum et Tibur ainsi que plusieurs place fortes installées en pays se soulèvent et sont réduites par la force. Les révoltes sont partielles et les cités hostiles sont vaincues facilement et en détail. En - 373, Tusculum est absorbée par Rome sans être détruite. La lutte contre les Herniques est plus âpre et le premier consul issu de la plèbe, Lucius Genucius y perd la vie en - 362. Mais la victoire reste à Rome et de nouveaux traités d'alliance sont signés. 

Samnites

La première guerre Samnite

En - 354, Rome conclut une alliance avec les Samnites dans le but de prendre les Latins, les Éques et les Volsques à revers et aussi pour repousser les invasions gauloises. En - 349, la Ligue Latine refuse d'envoyer ses contingents à Rome. L'année suivante, Rome et Carthage signent un traité d'alliance. Mais en - 343, les Samnites menacent les Sidicins de Teanum qui font appel à l'aide des Campaniens qui à leur tour appellent Rome à leur secours. Celle ci ne répond pas mais quand Capoue propose de se livrer à Rome, c'est la "deditio", le Sénat n'hésite plus et décide d'envoyer les légions. Vers - 342, une armée romaine conduite par Marcus Valerius Corvus remporte une pénible victoire près du mont Gaurus, au nord-ouest de Naples. En - 341, près de Suessula, le consul Cornelius Cossus s'est engagé imprudemment dans la vallée proche de Caudium et se retrouve encerclé par l'armée samnite. Le tribun Decius Mus réussit à occuper une colline escarpée sans être vu par l'ennemi. Par une attaque générale les Romains font fuir les Samnites et 40 000 boucliers auraient été ramassés. Les deux belligérants ont besoin de faire la paix : Rome fait face au soulèvement général des Latins, tandis que les Samnites font un effort contre Tarente. La paix est signée et Rome conserve Capoue.

Rome et les Samnites combattent Capoue et les peuples latins. En - 340, Titus Manlius Imperiosus remporte la victoire décisive de Trifanum face aux Campaniens et Latins alliés. Le consul Decius Mus se sacrifie pour que les Romains en difficulté soient victorieux contre les Latins à la bataille de Veseris. Rome fonde un état qui réunit Rome et Capoue. La Ligue latine est dissoute et le Latium définitivement soumis. Entre les Samnites et Rome, c'est cette dernière qui profite le plus de cette alliance et Rome va vite retrouver ces farouches guerriers parmi ses ennemis. Mais les Samnites sont aux prises avec les troupes rassemblées par Alexandre le Molosse, l'oncle d'Alexandre le Grand, venu en Italie à l'appel de Tarente. En détruisant la cité volsque de Frégelles, les Samnites poussent les Romains à y fonder une colonie et les cités de Fabrateria et Luca à se donner à Rome.

La seconde guerre Samnite

Rome domine la côte jusqu'à Naples. Cette cité est menacée par Rome et pour y faire face, les Samnites y placent une garnison. Les Romains traitent avec les Grecs qui se débarrassent de la garnison samnite de Paleopolis (l'ancienne ville de Naples). En - 327, la cité est tenue par Rome. Le Sénat est sollicité par des cités d'Apulie telles Luceria et Arpi que Tarente ne peut plus protéger des attaques des Samnites. En - 325, les légions traversent le Samnium en combattant et pillant, atteignent le pays des Vestins et entrent victorieuses en Apulie. Les Samnites désespérés rendent les prisonniers, implorent la paix et envoient aux Romains la dépouille du chef du parti de la guerre, Brutulus Papius. Le Sénat Romain ne souhaite pas la paix. Les Samnites choisissent un nouveau chef militaire, Cavius Pontius et se préparent au combat. 

Les Fourches Caudines - 321

Les nouveaux consuls, Titus Veturius Calvinus et Spurius Postumius Albinus répondent au bruit insistant des captifs qui annoncent que Luceria est sur le point de tomber sous les assauts de l'armée samnite. Cette position clé permet de contrôler l'Apulie et une armée romaine de 40 000 hommes suit la route directe qui relie Capoue à Luceria et traverse des vallons et des marécages environnés de collines boisées où sont cachés de nombreux ennemis. Les légionnaires s'avancent mais près de Caudium, la sortie de la vallée est obstruée par des pierres et des arbres et des forces samnites conséquentes. Faisant demi tour, les Romains se rendent compte que la route est coupée. Sur les côtés, les collines sont couvertes de soldats. ils comprennent qu'ils sont pris au piège et se battent sans efficacité, ne pouvant manœuvrer. Les consuls capitulent et Cavius Pontius se contente de demander le démantèlement des forteresses de Frégelles et Calès, l'évacuation des colonies et de renouveler le traité d'alliance. Les consuls acceptent ces conditions, remettent 600 cavaliers en otages et engagent leur parole et celles des officiers supérieurs. En outre les légionnaires doivent passer désarmés sous le joug, consuls en tête. Ainsi ils peuvent sortir libres des Fourches Caudines (actuellement Stretto di Arpaja). 

 

Le Sénat considère ce traité comme sans valeur et les consuls réclament d'être livrés aux Samnites et leur souhait est rapidement exécuté. Les Samnites n'obtiennent pas la paix qu'ils souhaitent, le Sénat romain se montrant plus déterminé à poursuivre la guerre. Les Samnites libèrent les consuls et se ruent au combat, prenant Luceria et Frégelles pendant que Rome reconstitue son armée. Ayant rassemblé toutes les troupes disponibles sous la conduite de son meilleur général, Lucius Papirius Cursor, Rome envoie deux colonnes, la première passant par la Sabine, longe l'Adriatique et se dirige vers Luceria, la seconde traverse le Samnium et repousse les Samnites devant elle. Les deux colonnes se rejoignent à Luceria qu'elles assiègent et battent les Samnites venus briser le siège. La cité se rend en - 319, les cavaliers romains captifs sont libérés et la garnison samnite passe à son tour sous le joug. Rome fait payer cher leur défection aux Latins qui ont soutenus les Samnites et prennent la ville de Saticula en Campanie, proche du Samnium, en - 316.

Mais les Romains sont soudain en difficulté. Les Soraniens expulsent leur garnison romaine, les Ausones se révoltent et menacent Calès. Les Samnites attirent les habitants de Nucérie puis de Nola dans leur camp. Capoue s'agite et une armée samnite s'approche de cette cité espérant la faire basculer dans son camp. Rome réagit rapidement, attaque Sora et l'armée venue la secourir est vaincue, Sora est de nouveau sous contrôle romain. Les Ausones sont durement "punis" et à Capoue, un procès est instruit contre les chefs du parti samnite. L'armée samnite, après une défaite devant Capoue, évacue la Campanie, suivie par les légions qui prennent leur quartier d'hiver devant Bovianum en - 314. Nola et Frégelles sont reprises, et pour assurer leur domination sur l'Apulie et la Campanie, les Romains construisent de nombreuses citadelles et laissent une demi légion comme garnison permanente à Luceria. Le censeur Appius Claudius décide en - 312 la réalisation de la voie reliant Rome à Capoue qui rattache la Campanie à Rome. Les Samnites sont cernés par des forteresses et en Italie, on commence à se rendre compte que ce peuple est le dernier à se dresser contre la domination de l'Italie. Les Samnites réussissent à convaincre les Etrusques et les Ombriens de rejoindre la coalition contre Rome.

Les Étrusques se réveillent et mettent le siège pendant deux ans devant Sutrium occupée par les Romains. En - 310, le consul Quintus Fabius Rullianus rétablit la situation et poursuit l'armée étrusque dans la forêt Ciminienne, qu'aucun Romain n'a jamais vue. Le Sénat désapprouve cette audace mais intervient trop tard. Les Samnites avisés de la position critique du consul Rullianus, battent et blessent gravement le consul Gaius Marcius Rutilus. Les Étrusques se mobilisent massivement et accompagnés des Sénons, rencontrent l'armée romaine commandée par le dictateur Lucius Papirius Cursor qui les défait et les alliés y perdent l'élite de leur armée. En - 308, les Étrusques demandent la paix et en Campanie, seule Nucérie résiste et bientôt, se rend en - 308. Les armées consulaires réduisent les Ombriens et les Marses. Les Samnites ne peuvent obtenir la paix. En - 306, les Herniques déclarent la guerre aux Romains et menacent les légions dans leur dos. Mais Rome envoie de nouvelles troupes qui battent les Herniques. En - 305, une armée romaine part de Campanie, dirigée par Tiberius Minucius puis par Marcus Fulvius et passe les cols de montagne. Une autre conduite par Lucius Postumius, suit le littoral de l'Adriatique. Elles se rassemblent devant Bovianum, la principale cité samnite et remportent une victoire face au général samnite Statius Gellius qu'elles capturent ainsi que la cité. C'est l'arrêt des combats et le retrait des garnisons samnites de Sora et d'Arpinum. Rome reçoit les demandes de paix des peuples sabelliens et offre des conditions de paix tolérables dans le centre de l'Italie, les Romains sont moins accommodants avec les cités et les Herniques qui ont soutenu la coalition.


La troisième guerre Samnite

Pour les Samnites, cette paix ne semble pas compatible avec leur liberté et ils s'emploient à préparer la revanche. En - 299, une coalition regroupe les Etrusques, les Ombriens, les Samnites et les Gaulois, principalement des Sénons. Les Romains s'étaient servis des Lucaniens pour empêcher Tarente de participer aux précédentes coalitions contre Rome. Aussi les Samnites interviennent d'abord en Lucanie et concluent un traité d'alliance. A cette nouvelle, Rome déclare la guerre en - 298 et envoie une armée en Étrurie et une autre plus importante vers le Samnium. La première bataille de cette guerre est celle de Camerinum en - 298, où les légions commandées par Lucius Cornelius Scipio Barbatus sont défaites par une coalition des Gaulois et des Samnites. En Étrurie, un combat indécis a lieu près de Volterra. Mais les Romains rassemblent leurs légions et remportent face aux Samnites les victoires de Tifernum par Quintus Fabius Rullianus et Maleventum par Publius Decius Mus. Les Romains ont pu regrouper leurs forces parce que des cités étrusques traitaient avec Rome. Les Samnites ont tout fait pour éviter une paix séparée. Leur général Gellius Egnatius propose de venir combattre en Étrurie. Cela rend leur courage aux Étrusques. Les Samnites constituent 3 armées, l'une reste en défense, la seconde part vers la Campanie et la troisième, la plus forte, est conduite par Egnatius et arrive en Étrurie sans combat.



La bataille de Sentinum - 295

En - 295, la coalition se regroupe en Ombrie, tandis que les consuls Publius Decius Abus et Quintus Fabius Rullianus à la tête d'une armée de 60 000 hommes, (toutes les troupes non mobilisées pour la Campanie sont rassemblées), convergent vers l'Ombrie de part et d'autre du Tibre. Une des réserves romaines fait mouvement vers l'Étrurie et subit un échec devant Chiusi face à une coalition de Gaulois et de Samnites. Mais l'annonce de la venue des légionnaires suffit à dissuader bon nombre de cités étrusques qui abandonnent leurs alliés. Egnatius est pressé de se battre car il sait que les Gaulois quittent rapidement une alliance. Mais les Romains sont en vue, au pied des Apennins, près de Sentinum (actuellement Sassoferato).

La bataille est rude. A droite, Quintus Fabius Rullianus fait face avec ses deux légions à Egnatius et les Samnites et le combat est longtemps équilibré. A gauche, Publius Decius Abus voit sa cavalerie mise en désordre par les chariots de guerre gaulois. Alors Publius Decius Abus se dévoue, lui et l'armée ennemie aux dieux Mânes et à la déesse Tellus (dieux infernaux) et il se jette au milieu des bandes gauloises et y trouve la mort. En voyant cela, les légionnaires qui reculaient, contre attaquent avec vigueur pour le venger. A ce moment, la cavalerie campanienne envoyée par Quintus Fabius Rullianus, prend les Gaulois à revers et c'est là que se forge la victoire. Les Gaulois fuient et ensuite, les Samnites reculent. Leus chef Egnatius est mort, comme 9 000 Romains et 25 000 Gaulois nous dit Tite Live. Les Gaulois sont refoulés vers le Nord et les restes de l'armée samnite rentrent au pays en passant par les Abruzzes. La coalition est rompue, Rome garde le contrôle de l'Ombrie. Enfin, les légions romaines menées par les consuls Lucius Papirius Cursor et Spurius Carvilius Maximus, envahissent le territoire samnite et remportent la victoire finale à la bataille d'Aquilonia en - 293

C'est la fin des guerres samnites en - 290


 


La conquête du Sud

Ayant les mains libres au Nord (Volsinies demande la paix en - 294) et au Centre de l'Italie, (une campagne rapide de Curius Dentatus stoppe les tentatives des Sabins du Centre en - 290, année où les Samnites épuisés demandent aussi la paix), les Romains s'intéressent à la Grande Grèce, bien moins puissante que par le passé. Suite à la victoire de Sentinum, le Samnium et le Picénum sont conquis. Il ne reste plus que Tarente et sa flotte pour gêner Rome. Cependant ces deux cités avaient les mêmes ennemis, en particulier les Samnites. Mais Rome impose son "protectorat" aux Lucaniens et aux Apuliens et le traité d'alliance avec Carthage, signé en - 306, exclut les Puniques de l'Italie mais la réserve à l'Urbs jusqu'à la pointe du Bruttium. Enfin, en assumant les responsabilités de Capoue, Rome contrôle les mercenaires campaniens qui servaient en Italie du Sud et en Sicile, les Carthaginois ou les Siciliotes. Ainsi les Mamertins, en - 288, traversent le détroit et s'emparent de Messine.

L'expansion romaine profite des discordes entre les cités grecques. Ainsi, en 282, Thurii, qui dépendait de Tarente demande face aux Lucaniens, l'aide de Rome qui intervient et y place une garnison. Rhegion, Locres et Crotone, connaissent la même situation. Rome envoie une flotte de 10 vaisseaux croiser dans le golfe de Tarente en dépit des accords passés en - 302. C'est une défaite pour les Romains qui perdent une partie de leurs navires. Thurii est reprise dans la foulée. Rome cherche à négocier mais Tarente appelle Pyrrhus, ex roi d'Épire et excellent tacticien.

Ce dernier débarque à Tarente en mai - 280, avec un corps expéditionnaire complété par les contingents envoyés par les Diadoques, de 25 000 soldats expérimentés, dont 2 000 archers et 3 000 cavaliers et une nouveauté en Italie, 20 éléphants. Tarente est impressionnée par ces troupes et craint de tomber sous la férule de Pyrrhus. La première rencontre avec les légions a lieu près d'Héraclée en juillet - 280. Les légionnaires romains conduits par Valerius Laevinus supportent le choc de la phalange, mais les éléphants interviennent de façon décisive et les Romains paniquent en particulier la cavalerie qui est taillée en pièces. Pyrrhus est vainqueur mais la résistance des légionnaires lui a causé de lourdes pertes et en particulier de nombreux officiers. Cette victoire lui apporte le soutien des Samnites. En revanche les Etrusques sollicités refusent de le soutenir car les Romains ont pressé les dernières cités en guerre à faire la paix. Laevinus est chargé d'occuper la Campanie pour éviter toute aventure. Malgré tout, Pyrrhus décide de marcher sur Rome. Il ne va pas plus loin que Preneste car il n'est pas sûr de ses arrières, ni de ses alliés. Il a envoyé Cinéas négocier à Rome une paix aux dures conditions. En échange d'un retour sans rançon des prisonniers romains, une alliance serait conclue, mais Rome devait renoncer à ses annexions faites vers le Sud. Pyrrhus pense se constituer un royaume en Italie du sud et profiter de sa victoire d'Héraclée. Le Sénat hésite et Appius Claudius l'aveugle vient en personne forcer le rejet de ces propositions. En raison de la mauvaise saison, Pyrrhus se retire à Tarente.

La guerre reprend donc au printemps - 279, en Apulie du Nord et en Daunie que Pyrrhus tente de détacher de Rome en assiégeant la colonie de Venusia. Une grande bataille a lieu en été, à Ausculum, sur les bords de l'Aufide. Les Romains apportent des catapultes tirant de longs traits métalliques, montées sur des chariots destinées à lutter contre les éléphants, mais c'est pour eux, une nouvelle défaite. Pyrrhus a de nouveau perdu beaucoup de soldats mais il profite des circonstances et envoie une nouvelle ambassade à Rome. Pyrrhus est sollicité par les Macédoniens pour devenir leur roi, Ptolémée Kéraunos vient de mourir, tué dans l'invasion des Celtes. Mais les Grecs de Sicile l'appellent pour commander la lutte contre Carthage qui, inquiète des visées de Pyrrhus sur l'île et au delà sur l'Afrique, envoie une flotte mouiller dans le port d'Ostie et Magon dissuade Rome de conclure la paix avec l'Épirote. Par un nouveau traité, d'alliance pour la première fois, Rome et Carthage s'engagent à ne conclure qu'ensemble un accord avec Pyrrhus. En septembre - 278, celui ci débarque en Sicile avec la moitié de ses troupes. Il doit éviter les Campaniens de Reghion et les Mamertins de Messine qui s'opposent à son projet. Les Puniques sont seuls à faire face à Pyrrhus qui, en - 277, remporte une série de succès et enlève aux Puniques toutes leurs possessions sauf Lylibée. Carthage propose à l'Épirote une paix avantageuse, en échange d'une indemnité de guerre et de la fourniture de vaisseaux pour ramener son armée, Lylibée restant aux Carthaginois. Cette proposition est rejetée et Pyrrhus assiège en vain cette cité pendant deux mois et y renonce.

En  - 276, il est tout à son projet de préparer la guerre contre Carthage en Afrique, comme l'avait fait Agathocle et pour cela, il se comporte en tyran auprès des Siciliotes. Aussi, l'hostilité des cités grecques est telle qu'il ne peut rester en Sicile. Il est appelé par ses alliés italiens et reprend son projet de royaume en Italie. Il laisse la Sicile à l'automne - 276 et subit avec la flotte syracusaine une défaite face aux Puniques dans le détroit. Une tentative contre Rhegion, soutenue par les Mamertins de Messine, se solde par de lourdes pertes. Pendant ce temps, Rome a reconstitué ses forces et a vaincu, un à un les peuples qui se sont ralliés à l'Épirote.

En - 275, Pyrrhus doit remporter un succès contre Rome et il recherche l'affrontement. Il remonte d'Apulie par le Samnium et rencontre l'armée du consul Manius Curius Dentatus près de Malévent, dans un terrain montagneux qui ne lui permet pas d'utiliser son armement lourd, tandis que les Romains ont appris à se défendre contre les éléphants. C'est une défaite pour Pyrrhus qui laisse dans la citadelle de Tarente, son fils Hélénos et son lieutenant Milon. A l'automne, il repart pour l'Épire. Le second consul, L. Cornelius Lentulus remporte une victoire contre les Samnites et les Lucaniens aux Campi Arusini. La pression romaine s'accentue sur Locres et Tarente qu'une flotte carthaginoise vient secourir, en violation du traité. Pyrrhus rappelle en - 274, Hélénos et une partie des troupes disponibles, Milon défend la citadelle jusqu'au bout et Tarente tombe en - 272. Par superstition, les Romains renomment le lieu de leur victoire contre Pyrrhus, Bénévent. Peu de temps après la bataille de Bénévent, un ambassade égyptienne vient  proposer un pacte d'amitié qui est volontiers accepté par le Sénat Romain.

  

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