1 - L’arrivée progressive du Mésolithique


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Le Mésolithique, caractérisé par l'expansion de groupes de chasseurs à l'arc, débute par un brusque réchauffement qui introduit l'interglaciaire de l'Holocène. Le Mésolithique ancien de -9600 à -8150 voit, avec le Préboréal, le retour de forêts de pins. Le Mésolithique moyen de -8150 à -6300 est la grande époque du noisetier boréal.

Le Mésolithique est la période chronologiquement et culturellement intermédiaire entre le Paléolithique qui le précède et le Néolithique qui lui succède. Les groupes humains de cette période perpétuent un mode de subsistance basé sur la chasse, la pêche et la cueillette, sous un climat tempéré proche du climat actuel, tout en commençant à se sédentariser, ou à réduire leurs déplacements saisonniers, avec des décalages chronologiques et géographiques. 

Les limites chronologiques du Mésolithique sont variables d'un continent à l'autre et d'une région à l'autre. Le Mésolithique commence au Proche-Orient avec le Natoufien, environ 3 000 ans plus tôt qu'en Europe, où il s'ouvre avec la fin de la dernière période glaciaire, en 9 700 av. J.C. Il s'achève avec l'adoption de l'agriculture et de l'élevage comme source alimentaire principale, qui laisse néanmoins à la chasse et à la cueillette un rôle d'appoint alimentaire.   

La fin du Mésolithique est caractérisée par le passage d'une économie de chasse et de cueillette à une économie agro-pastorale. Au Proche-Orient, ce basculement résulte de la domestication des plantes et des animaux lors du processus de néolithisation. En Europe, l'agriculture se diffuse avec l'expansion des populations néolithiques originaires d'Anatolie. Le Mésolithique s'achève en Europe avec le début de la culture d'Argissa en Thessalie vers 6 400 av. J.-C., et vers 2 300 av. J.-C. en Europe du Nord. 


Le Mésolithique est caractérisé par un certain nombre de changements comportementaux des groupes humains. Si certains de ces changements (réduction des territoires de chasse, développement de l'arc…) paraissent fortement liés aux modifications du milieu dus au réchauffement climatique post-glaciaire (reconquête forestière, disparition des grands herbivores migrateurs des steppes tels que le mammouth et le renne au profit des herbivores forestiers tels le cerf, sanglier, chevreuil ou du petit gibier), d'autres (bouleversements dans les représentations artistiques et symboliques, microlithisation et géométrisation des outils…) semblent liés aux dynamiques internes d'évolution des groupes humains.


Variation du niveau de la mer 


Lors du développement des glaciers, une partie de l'eau des océans était captée ce qui faisait abaisser le niveau de la mer. Lorsque le climat a commencé à se réchauffer, les glaciers ont graduellement fondu, le niveau de la mer n'a pas augmenté aussi rapidement pour autant. En effet, l'eau de fonte glaciaire s'est d'abord déversée sur les terres, créant ainsi des inondations et des lacs imposants. Cette eau retenue a mis du temps avant de retourner à la mer et redonner le niveau antérieur. 


Selon les enregistrements dans le sol, la période glaciaire a reculé initialement lentement, puis s'est accélérée. Pendant 10 000 ans, le changement climatique était à peine perceptible, mais durant la période 10 000 - 6 000 avant JC, le réchauffement a été très rapide.

La Terre est affectée par une série de changements climatiques radicaux qui ont des effets importants sur les communautés humaines : Les températures en s'élevant entraînent la fonte des glaciers et permettent à la flore et à la faune d'occuper des territoires jusqu'alors inhospitaliers. Les déserts qui occupaient plus de la moitié des surfaces entre les tropiques reculent car l'eau libérée par les glaciers alimente des pluies abondantes. Les conditions de vie deviennent plus douces et les ressources de nourriture sont plus abondantes et plus variées, ce qui favorise des populations plus nombreuses, plus groupées et plus facilement sédentaires. Les hommes commencent à domestiquer certains animaux, et découvrent l'intérêt de l'agriculture qui permet de se nourrir de façon moins aléatoire que la chasse et la cueillette. Le développement de communautés agricoles spécialisées va entrainer des recherches dans le besoin de stockage (céramique, vannerie) et des demandes dans les échanges commerciaux (troc, produits de luxe, obsidienne, pierres semi-précieuses). 


Au Mésolithique, les populations se fixent sur des territoires limités. Au Proche-Orient et en Chine, elles commencent à cueillir et consommer des céréales sauvages, de plus en plus abondantes avec le réchauffement du climat, en plus des activités de chasse et de pêche. On voit émerger des techniques de chasse innovantes (utilisation de microlithes comme éléments de flèches), de nouvelles pratiques funéraires avec les premières nécropoles, et des conflits sociaux. Pour pêcher ils construisent des pirogues et utilisent des nasses en bois tressé. 


En Europe, les populations conservent un mode de vie semi-nomade ; cependant l'abondance et la diversité des ressources par rapport à l'âge glaciaire favorisent des déplacements sur des territoires plus restreints selon des rythmes saisonniers. Ainsi, un campement a des chances d'être occupé d'année en année à une saison donnée pour effectuer des opérations plus ou moins spécifiques au site. Les contacts entre les groupes sont néanmoins avérés par la diffusion de traits culturels (apparition du débitage Montbani, développement des trapèzes au sein du groupe des armatures de flèches…) sur des territoires importants. Les innovations semblent essaimer de proche en proche, avec traduction et ré-interprétation du groupe receveur en fonction de son propre système technique existant, les possibilités mécaniques des matériaux à disposition. 


L’emploi de l’arc et de la flèche, en particulier, se généralise sur le continent européen et en Afrique. La microlithisation des armatures de chasse s'accentue par rapport à la période précédente. Ces petits éléments sont en règle générale réalisés en fracturant des lames essentiellement débitées dans du silex (mais également dans de l'obsidienne, des quartz…). Au début du Mésolithique, les armatures les plus courantes sont les pointes. Le stade moyen (autour de 8 000 av. J.-C.) voit le développement des armatures triangulaires, alors que pour la période récente (6 500 av. J.-C.), ce sont les trapèzes qui dominent les assemblages. L'utilisation de l'ensemble de ces armatures comme les pointes de flèches est probable même si les futs ont le plus souvent disparu depuis longtemps. Les découvertes de flèches complètes (fut et pointe) sont rarissimes. 


La chasse de petits mammifères et la consommation de mollusques (escargots, bigorneaux, patelles, etc.) se développent. En milieu côtier, la récolte de coquillages est assez développée et donne parfois lieu à la formation d'amas coquilliers (accumulation des déchets) sur les lieux qui ont pu servir de lieux de vie et parfois de sépultures. 




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