La bataille de Val-ès-Dunes 1047


1 min lu

En 1046, après une dizaine d'années de trouble suivant la mort prématurée au retour d'un pèlerinage en Terre sainte du duc Robert le Magnifique, son fils et successeur désigné Guillaume échappe de peu à une tentative d'assassinat à Valognes organisée par des barons rebelles du Bessin et du Cotentin qui ont choisi comme chef Gui de Brionne, normand par sa mère et propre cousin du jeune duc.

Guillaume s'empresse de demander l'aide de son suzerain, Henri Ier de France. Celui-ci lève en hâte une armée d'environ 10 000 hommes qui, alliés aux quelque 350 chevaliers et au millier de gens d'armes fidèles au duc, vont affronter, en 1047, les troupes rebelles dirigées entre autres par les puissants barons Rainulf de Briquessart (ou Renouf), vicomte de Bayeux, Néel, vicomte de Saint-Sauveur, Hamon le Dentu, baron de Thorigny, Grimoult du Plessis (ou Grimoald) et Raoul Taisson (ou Tesson), seigneur du Cinglais, qui rassemblent autour d'eux environ 25 000 combattants dans la plaine du Val-ès-Dunes, située à 12 km au sud-est de Caen et au sud-ouest de Chicheboville.


Un récit de la bataille basé sur le même Roman de Rou de Wace (qui a écrit certes au xiie siècle, longtemps après les faits) est rapporté en détail dans une étude très complète et abondamment illustrée, éditée par le syndicat d'initiatives du Val-ès-Dunes. Ce n'est qu'à la toute dernière minute avant le combat que Raoul Taisson, un des seigneurs rebelles, pousse son fameux cri et change de camp pour se rallier au jeune duc. La bataille est un véritable désastre pour les conjurés et, dans leur fuite, beaucoup de chevaliers se noieront en tentant de traverser l’Orne au gué d'Athis, "entre Fontenay et Allemagnes" comme il est raconté dans le Roman de Rou (c'est-à-dire entre Saint-André-sur-Orne et Fleury-sur-Orne dans leurs appellations actuelles). « Heureuse bataille où en un seul jour, s'écroulent tant de châteaux », en dira un historien, car ce succès assoit l'autorité du jeune duc de Normandie.

Beaucoup de conjurés survivants, leurs forteresses démantelées, seront bannis ou s'exileront volontairement en Italie méridionale, où vivent de nombreux compatriotes. Un seul conjuré, Grimoult du Plessis qui se distingue par ses origines plus modestes, sera emprisonné et exécuté par le duc; un cas rare car le plus souvent Guillaume accorde son pardon.

À la suite de cette victoire, le duc de Normandie organise le concile de la Trêve de Dieu et fait construire en 1061, sur la rive droite de l'Orne à Caen, la chapelle Sainte-Paix pour recueillir des reliques de saints amenées pour cette occasion.

La verte province retrouve pour un temps la paix et la prospérité.

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.