Guerres contre les Cimbres et les Teutons -113 -101


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La bataille de Noreia

La bataille de Noreia, qui se déroula en -113, fut la première livrée entre la République romaine et les tribus germaniques migrantes des Cimbres et des Teutons. Elle se termina par une défaite, presque un désastre, des Romains.

Les Cimbres et les Teutons ont quitté leurs terres natales autour de la mer Baltique pour se diriger vers le sud et se sont heurtés aux Scordiques, qu'ils ont vaincus. À la suite de cette victoire, ils sont arrivés en Norique où vivent les Taurisques, alliés de Rome. Incapables de faire face à cette menace, les Taurisques demandent l'aide de Rome, et le consul Gnaeus Papirius Carbo conduit ses légions en Norique, prenant position sur des hauteurs près d'Aquilée.

Carbo exige que les tribus germaniques se retirent du territoire des Taurisques, et les Cimbres, qui ont entendu des histoires d'autres tribus à propos de la puissance de Rome, accèdent à cette exigence. Néanmoins, Carbo n'est pas prêt à laisser les Cimbres et les Teutons se retirer en paix et leur envoie des guides, chargés officiellement de les reconduire aux frontières, pour les mener dans une embuscade qu'il a préparé. Mais, qu'ils aient été prévenus par leurs propres éclaireurs ou par l'un des guides, les tribus germaniques éventent le plan romain et une bataille s'ensuit près de Noreia (dans la moderne Carinthie). Les légions romaines, surprises, n'ont pas le temps de prendre leur ordre de bataille classique et sont taillées en pièces par leurs adversaires. Ayant subi de lourdes pertes, les Romains se retirent en désordre et seule une violente tempête les sauve de l'annihilation en empêchant les Cimbres et les Teutons de les poursuivre.

Carbo réussit à s'échapper avec ce qui reste de ses légions et retourne à Rome, où il est démis de son poste de consul. Rome se prépare alors à une invasion de l'Italie par les Cimbres et les Teutons mais, au lieu de cela, les tribus germaniques se dirigent vers la Gaule. Quelques années plus tard, en -105, elles y infligent aux Romains une défaite encore plus lourde lors de la bataille d'Arausio.

La migration des Teutons et des Cimbres.

La bataille d'Arosio

La bataille d'Arosio (bataille d'Orange) opposa pendant la guerre des Cimbres, l'armée romaine face aux Cimbres, aux Teutons et aux Tigurins qui remportèrent la bataille. Elle s'est déroulée le 6 octobre 105 av. J.-C. à proximité d'Arausio (Orange).

À cette époque, les Cimbres et les Teutons, et d'autres peuples alliés comme les Tigurins, sont en Gaule et Rome craint qu'ils n'envahissent l'Italie. En 107 av. J.-C., les Tigurins infligèrent une lourde défaite aux Romains à la bataille d'Agen. Pour parer à cette menace, le consul Mallius Maximus est envoyé en Provence en 105 av. J.-C. afin d'y renforcer l'armée du proconsul Servilius Cæpio.

Le choc se produit le 6 octobre 105 av. J.-C. Sûrs de leur victoire, le consul et le proconsul s'en disputent d'avance les lauriers. Servilius Cæpio, homme de la noblesse, refuse de coopérer avec son supérieur au prétexte que contrairement à lui, Mallius Maximus est un homo novus, un homme nouveau. Profitant de cette rivalité, les Cimbres, les Teutons et les Tigurins écrasent l'armée romaine à proximité d'Arausio (Orange), où plus de 84 000 légionnaires sont tués. Pour les Romains, il s'agit des pertes les plus importantes depuis la bataille de Cannes.

La bataille d'Aix

La bataille d'Aix (ou bataille d'Aquae Sextiae) a lieu en 102 av. J.-C.. Marius écrase les Teutons et les Ambrons près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) sur la commune actuelle de Pourrières (Var). Selon Plutarque (Vie de Marius), plus de 100 000 Teutons furent massacrés durant la bataille.

Après une série de défaites romaines, comme à Orange (Arausio) et alors que les Teutons cherchent à pénétrer en Italie par les Alpes occidentales, Marius, sentant la menace pour la péninsule romaine, décide de les affronter au plus tôt. Il choisit avec précaution une position forte, une colline, pour y attirer les Teutons avec l'aide de sa cavalerie et de son infanterie légère de tirailleurs (composée pour l'essentiel de Ligures alliés).

Les éléments de l'avant-garde teutone, les Ambrons, mordent au piège et attaquent. Ils sont bientôt suivis par le reste de leur troupe. Or Marius a caché une petite force romaine de 4 000 hommes à proximité. Au moment de la bataille, cette force sort de sa cachette, attaquant les Teutons par derrière et provoque chez eux confusion et déroute. Les décomptes romains prétendent que, dans le massacre qui suit, 90 000 Teutons sont tués et 20 000, parmi lesquels leur roi Teutobod, sont capturés. Les seuls rapports qui ont survécu sont romains et ils exagèrent l'unilatéralité de la bataille mais l'anéantissement complet des Teutons et des Ambrons témoigne de la sévérité de leur défaite.

Plutarque écrit que durant la bataille, les Ambrons ont commencé à lancer leur cri de guerre « Ambrons ! » ; les troupes ligures qui se battaient avec les Romains, en entendant ce cri et constatant qu'il était identique à un ancien nom que les Ligures utilisaient souvent dans leur pays quand on parlait de leur origine, reprirent le cri d'« Ambrons ! ».

Les femmes capturées se suicident collectivement, ce qui est passé dans les légendes romaines comme un modèle de l'héroïsme germanique.

La bataille de Verceil

Des raz-de-marée auraient contraint le peuple des Cimbres, joint à ceux des Teutons et des Ambrons, de quitter leur patrie qui bordait la mer du Nord, à la recherche d'un nouvel espace où s'installer, cet épisode est connu sous le nom de Guerre des Cimbres ; après avoir parcouru l'Europe en tout sens, ils pénétrèrent finalement en Italie du Nord. Les Cimbres commencèrent par battre les Romains dans plusieurs rencontres, entre autres la bataille de Noreia en 113 av. J.-C. et la bataille d'Arausio en -105.

Le général romain Quintus Lutatius Catulus avait pour tâche de protéger les cols des Alpes. Devant le déferlement des Cimbres, il préféra cependant se retirer derrière l'Adige pour que ses forces ne fussent pas écrasées. Les Cimbres attaquèrent les derniers défenseurs qui se trouvaient encore de l'autre côté de l'Adige et, par admiration pour leur courage, ils leur accordèrent le droit de repartir librement.

Au même moment le consul Marius, qui avait anéanti les Teutons l'année précédente à la bataille d'Aquae Sextiae, arriva avec son armée qu'il avait reformée en Italie du Nord, pour se joindre aux troupes de Catulus. Après qu'une proposition de paix eut échoué, le chef des Cimbres, Boiorix, demanda à Marius de choisir une place convenable pour la bataille, et Marius se décida pour les Champs Raudiens à Vercellae (aujourd'hui Verceil).

Plusieurs peuples celtes se joignirent aux Cimbres, entre autres des Santons. 


DÉROULEMENT DE LA BATAILLE

Les Cimbres avaient pris pour se battre leurs plus belles armes. Ils portaient d'imposantes cuirasses de fer, des boucliers blancs et brillants et des casques qui représentaient des têtes d'animaux sauvages. Comme projectiles ils utilisaient des lances avec deux crochets, et pour le corps à corps, une épée de grande taille et impressionnante.

L'armée de Catulus se montait à 20 300 hommes, celle de Marius à 32 000. Devant lui se trouvait le peuple des Cimbres qui réunissait pêle-mêle environ 160 000 hommes, femmes et enfants, et qui pouvait compter sur une cavalerie forte de 15 000 hommes.

Marius choisit à dessein, apparemment, le milieu du jour pour combattre, car le soleil frappait en plein au visage les Cimbres qui venaient du nord, si bien qu'ils devaient tenir les boucliers devant leurs yeux. Les barbares devaient aussi lutter contre la chaleur. Les Romains au contraire étaient aguerris par un entraînement de plusieurs années, et on ne voyait personne transpirer ou haleter. C'est ce qui fit que la plus grande partie des Cimbres tomba tout de suite dans la bataille. Ceux qui s'enfuyaient étaient repoussés vers leur camp où les soldats romains eurent sous leurs yeux quelque chose de monstrueux : les femmes cimbres, qui préféraient pour elles la mort à l'esclavage, tuaient leurs maris, leurs fils ou leurs frères, qui essayaient de s'enfuir, et elles massacraient leurs enfants avant de se tuer elles-mêmes en se pendant à leurs chariots ou en se jetant sous les chevaux des cavaliers.

Bien que beaucoup fussent morts de cette manière, on fit tout de même plus de 60 000 prisonniers qui furent vendus comme esclaves. Marius fut salué par le peuple comme le « troisième fondateur de Rome ».

Florus raconte : « La bataille commença dans un terrain très ouvert appelé Raudium. Là ce sont 65.000 hommes qui tombèrent, ici moins de 300. Toute la journée le Barbare se fit massacrer. C'est que le général n'était pas seulement courageux mais astucieux et qu'il avait imité la manœuvre d'Hannibal à Cannes. D'abord il profita de ce que c'était un jour de brouillard pour fondre sur l'ennemi sans qu'il s'y attendît. Et comme c'était aussi un jour où le vent était violent, la poussière frappait l'adversaire sur les yeux et sur le visage. Ensuite il tourna son armée en direction de l'est et des prisonniers leur racontèrent par la suite qu'ils avaient l'impression que le ciel brûlait à cause du reflet éclatant du soleil sur les casques. Ils ne combattirent pas leurs épouses avec moins de violence. Avec chariots et voitures elles s'étaient fait un rempart du haut duquel elles se battaient avec des haches et avec des piques. Leur mort fut aussi admirable que leur lutte. Elles envoyèrent chez Marius une délégation pour demander la liberté et la reconnaissance de leur caractère sacré, mais c'était interdit par la religion. Alors après avoir étranglé ou étouffé leurs enfants, elles s'entre-tuèrent mutuellement ou bien, ayant formé un nœud avec leurs cheveux, elles se pendirent aux arbres ou aux timons de leurs chariots. Au premier rang leur roi Boiorix se battit avec vaillance et efficacité avant de succomber. »


CONSÉQUENCES

La victoire de Verceil, suivant de près l'écrasement des Teutons par Marius à la bataille d'Aquae Sextiae l'année précédente, mit fin à l'errance de ces peuples germaniques, après plusieurs actions militaires romaines infructueuses.

Politiquement, cette bataille eut également pour Rome des conséquences importantes car elle marqua pour la première fois l'essor des grands généraux romains. Marius avait été réélu consul plusieurs années de suite, en tout illégalité, et gagnait une popularité extrême. Comme récompense de leur courage, Marius accorda la citoyenneté romaine à ses soldats italiens, sans demander d'abord l'autorisation du Sénat romain ni même le consulter. Quand certains sénateurs l'interrogèrent sur sa décision, il s'écria que dans le vacarme de bataille il ne pouvait pas distinguer la voix du Romain de la voix de l'allié. C'était aussi la première fois qu'un général victorieux défiait ouvertement le Sénat. C'était aussi une ouverture à l'accès à la citoyenneté romaine pour les Italiens. Le frein que mettra le Sénat à cette ouverture et la déception engendrée seront les principales causes de la montée des revendications des Alliés, et du déclenchement de la guerre sociale.

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