la 1ere guerre Samnite (-343 -341) et La Guerre latine


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La Guerre latine oppose la République romaine à ses voisins latins, alliés à certaines cités des Campaniens, des Volsques, des Aurunces et des Sidicins, de 340 et 338 av. J.-C. Rome a pour alliée la confédération samnite, à la suite du renouvellement de l'alliance après la première guerre samnite.

Elle se termine par la dissolution de la Ligue latine et l'incorporation de ses territoires dans la sphère d'influence de Rome. Les Latins, les Volsques et les Campaniens soumis obtiennent en partie les droits de citoyens et sont dorénavant obligés de s'inscrire au cens et surtout de servir dans les légions romaines, Rome gagnant là énormément d'effectifs alliés supplémentaires. La puissance romaine dans le Latium et en Campanie ainsi que le renforcement qui s'ensuit de la frontière avec les Samnites débouche en 327 av. J.-C. sur la deuxième guerre samnite.

Les évènements de la première guerre samnite et de la Guerre latine sont les premiers pas de la conquête romaine de l'Italie.


Les relations romano-latines (500 - 343)

Les Latins ne possèdent pas de structure gouvernementale centralisée. Ils sont en fait divisés en de nombreuses cités autonomes, partageant une même langue, une même culture et quelques institutions légales et religieuses3. Un premier conflit oppose Rome et les cités latines au début du ve siècle av. J.-C., qui voit la victoire romaine au lac Régille. Les cités-états de la ligue latine concluent ensuite une alliance militaire, le Fœdus Cassianum daté de 486 av. J.-C. traditionnellement, afin d'organiser plus efficacement la résistance contre les raids et les invasions des peuples voisins, notamment les Èques et les Volsques. En tant que cité latine la plus puissante, Rome bénéficie d'une position avantageuse au sein de l'alliance.


Vers le début du ive siècle av. J.-C., les Latins ne se sentent plus menacés par les peuples voisins mais commencent à ressentir la puissance croissante de Rome comme un nouveau danger. Plusieurs guerres éclatent entre Rome et certaines cités latines qui ont apporté leur soutien aux ennemis de Rome, les Volsques. Finalement, les Latins et les Volsques ne peuvent empêcher les Romains de prendre le contrôle des marais pontins volsques et des monts Lepini, et d'annexer la ville latine de Tusculum en 381 av. J.-C.

La nouvelle menace que représentent les invasions gauloises semble convaincre quelques cités latines de renouveler leur alliance avec Rome en 358 av. J.-C., mais des cités comme Tibur ou Préneste, qui dirigent les opérations contre Rome, s'y refusent et se contentent de négocier la paix en 354 av. J.-C. après une longue guerre. En parallèle, des guerres contre les Volsques sont menées et le pays volsque pacifié.

Durant les années 340, les relations entre Romains et Latins recommencent à se dégrader. Tite-Live rapporte qu'en 349 av. J.-C., alors que l'Italie fait face à une nouvelle invasion gauloise, les Latins refusent de fournir des troupes et, en 343 av. J.-C., ils s'accordent pour attaquer Rome. Néanmoins, à la nouvelle des victoires romaines sur les Samnites, les Latins abandonnent leur plan initial et attaquent les Péligniensa.


La première guerre samnite (343 - 341)

Les Samnites sont organisés en une confédération tribale installée dans les Apennins centraux. En 354 av. J.-C., ils concluent un traité d'amitié avec les Romainsa, fixant la frontière entre leurs sphères d'influence respectives le long du fleuve Liris.

Mais en 343 av. J.-C., en dépit de ce traité, éclate la première guerre samnite opposant les Samnites aux Romains qui se disputent le contrôle de la Campanie. Selon Tite-Live, cette guerre aurait été provoqué par l'attaque des Sidicins par les Samnites. Incapables de résister, les Sidicins en appellent aux Campaniens, dont la capitale est Capoue, mais ces derniers sont eux-mêmes tenus en échec par les Samnites. C'est alors que les Campaniens décident de se soumettre à Rome afin que les Romains interviennent pour protéger leurs nouveaux sujets. Les historiens modernes ne rejettent pas l'idée d'une forme d'alliance entre Rome et Capoue mais ils sont en désaccord sur l'authenticité de la soumission volontaire des Campaniens qui ne pourrait être qu'une invention plus tardive permettant de légitimer l'action de Rome en Campanie.

La première guerre samnite prend fin en 341 av. J.-C. avec la négociation d'une paix et le renouvellement du traité entre Rome et les Samnites. Les Romains conservent leur mainmise sur la Campanie mais accepte que les Sidicins tombent dans la sphère d'influence samnite.


Les conséquences (341 - 340)

Selon Tite-Live, une fois la paix conclue avec Rome, les Samnites attaquent les Sidicins avec les mêmes troupes que celles déployées face aux Romains. La défaite étant inévitable, les Sidicins tentent de se soumettre à Rome mais leur proposition est rejetée par le Sénat romain qui la juge trop tardive. Les Sidicins se tournent alors vers les Latins qui ont déjà pris les armes. Les Campaniens les rejoignent également et une grande armée menée par les Latins envahissent le Samnium. La plus grande partie des dégâts causés aux Samnites est due davantage à des opérations de raids plutôt qu'à des combats et bien que les Latins ont pris le dessus sur les Samnites lors de la plupart des batailles, ils quittent finalement le territoire ennemi sans combattre davantage. Les Samnites envoient une délégation à Rome pour se plaindre de l'agression et demander que, étant donné que les Latins et les Campaniens sont des sujets de Rome, celle-ci use de son autorité pour empêcher de nouvelles attaques. Le Sénat donne une réponse ambiguë, ne voulant pas donner l'impression que Rome n'est pas en mesure de contrôler les Latins mais ne voulant pas non plus ordonner aux Latins de cesser leurs attaques de peur de se les aliéner. Les Campaniens se sont soumis à Rome et doivent donc respecter sa volonté mais rien dans le traité liant Rome aux cités latines ne les empêchent de mener leurs propres guerres.


Première campagne (340)

Le récit de Tite-Live des opérations militaires commence par l'épisode de la « sentence de Manlius », du nom du consul Titus Manlius Imperiosus Torquatus, qui fait exécuter son fils pour désobéissance. Cela a pour effet immédiat de ramener la discipline dans les rangs romainsa et laisse, selon l'auteur romain, « un triste souvenir à la postérité ». L'auteur romain insiste sur le fait que les deux armées, romaines et latines, sont très similaires dans leur stratégie, tactique et équipements.

Les Latins pénètrent dans le Samnium. L'armée romano-samnite se déplace vers le lac Fucin puis, évitant le Latium, entre sur le territoire campanien et attaque les Latins et les Campaniens près du Vésuve. Lors de la bataille de Veseris qui s'ensuit, les Romains sont menés par les consuls Publius Decius Mus et Titus Manlius Imperiosus Torquatus. Le premier, voyant le combat tourné en défaveur des Romains en infériorité, prononce la formule de la devotio et se sacrifie pour sauver l'armée romaine. Son collègue fait donner la réserve et emporte la victoire, aidé en cela par la terreur qu'inspirent les Samnites rangés en bataille au pied de la montage. Les sources de Tite-Live divergent quant au rôle de ces derniers.

La plupart des Campaniens sont faits prisonniers. Les Latins battent en retraite à Minturnes puis à Vescia deux cités des Aurunces. Si l'armée latino-campanienne est vaincue, les Romains ont aussi essuyé de lourdes pertes.

Les Latins réunissent une nouvelle armée, notamment parmi les Volsques. Le consul Titus Manlius Imperiosus Torquatus marche contre elle et la rencontre entre Sinuessa et Minturnes. Les Romains écrasent l'armée latino-volsque à la bataille de Trifanum, « le désastre des Latins est tel, que, voyant le consul mener son armée victorieuse au pillage de leurs campagnes, tous se soumettent : la soumission des Campaniens s’ensuivit ».

Le consul Titus Manlius Imperiosus Torquatus triomphe à Rome sur les Latins, les Campanians, les Sidicins et les Aurunces.

Les Antiates mènent des incursions sur les terres d’Ostie, d’Ardée et de Solonium, sur le territoire d'Ardée. Le consul Manlius Torquatus, malade et hors d’état de conduire cette guerre, nomme un dictateur, Lucius Papirius Crassus, qui ne fait rien de mémorable contre les Antiates : il occupe le territoire d’Antium et y demeure campé quelques mois.


Deuxième campagne (339)

Les nouveaux consuls romains pour l'année 339 av. J.-C. sont Tiberius Aemilius Mamercinus et Quintus Publilius Philo. Tite-Live rapporte une rébellion des Latins, vaincus dans les plaines de Fenectum par Publilius Philo. Son collègue marche contre Pedum, entre Gabies et Tibur, soutenue par cette dernière, Préneste, Velitrae, Lanuvium et Antium. Il remporte une victoire non décisive et ne s'empare pas de Pedum.

Quintus Publilius Philo se voit honoré du triomphe et, selon Tite-Live, cela provoque la jalousie de son collègue qui retourne à Rome pour solliciter le même honneur, laissant sa guerre inachevée.


Dernière campagne (338)

En 338 av. J.-C., les consuls sont Lucius Furius Camillus et Caius Maenius. Ils se mettent immédiatement en marche contre latins révoltés. Furius Camillus défait les Tiburtins et leurs alliés et s'emparent de la ville. Caius Maenius vainc les armées latines et volsques d'Antium, Lanuvium, Aricie et Velitrae lors de la bataille navale d'Antium, près d'Astura. Les deux consuls subjuguent ensuite tout le Latiuma.


Les deux consuls se voient décernés l'érection de statues équestres sur le Forum Romanum ainsi que le triomphea 36, Furius Camillus sur les Pédans et les Tiburtins, le deuxième sur les Antiates, les Laviniens et les Vélitrainsa 29.

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