La bataille d'Argentoratum 357


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La bataille décisive de Strasbourg a été le point culminant de la campagne menée par Julien en 355 et 357 visant à éliminer les incursions barbares dans la Gaule et à rétablir une ligne défensive forte le long du Rhin, ligne gravement endommagée pendant la guerre civile de 350 - 353 entre l'usurpateur Magnence et l'empereur Constance II. Bien que confrontés à un ennemi trois fois plus nombreux, les soldats de Julien ont remporté la victoire après une grande bataille, accusant des pertes et des souffrances négligeables, et ont rejeté les Alamans derrière le Rhin, leur infligeant de lourdes pertes. Les troupes de l'escorte de Julien, son comitatus, sont peu nombreuses mais très bien formées : la bataille a été gagnée grâce à la force et la résistance de l'infanterie romaine, qui a été en mesure de surmonter les mauvaises performances de sa cavalerie. Dans les années qui suivent sa victoire, Julien a été en mesure de réparer et de renforcer les fortes garnisons sur le Rhin et d'imposer son influence sur les tribus germaniques, au-delà de la frontière de l'Empire.


Les Alamans

Carte de l'étendue du territoire alaman à diverses dates. 

Originaire de la région du Main au nord, les tribus alamanes étaient du temps de Julien établies dans la région des Champs Décumates (Forêt-Noire) (en rouge). Cette zone faisait auparavant partie de la province de la Germanie supérieure avec sa capitale Mogontiacum, évacuée par les Romains au milieu du iiie siècle.

Au cours du iiie siècle, les tribus de la Germania Libera ("Germanie libre", dans le sens "en dehors de l'Empire"), petites et fragmentées, se sont réunies en confédérations larges et imprécises : les Francs (Nord-ouest de l'Allemagne), les Alamans (Sud-ouest de l'Allemagne) et les Burgondes (Allemagne centrale). Bien que déchirées par des dissensions internes, ces confédérations étaient en mesure de mobiliser d'importantes forces et présenter une plus grande menace pour l'empire qu'elle ne l'était auparavant.


Nort-est de la Gaule et frontière rhénane de l'Empire du temps de Julien.


Contexte : Les invasions barbares en Gaule

L'empereur Constance II (dirigeant entre 337-361), cousin et supérieur de Julien. Un des trois fils et successeur de Constantin I le Grand, il a survécu à ses deux frères pour devenir seul empereur en 350. Il est représenté avec un halo, comme le sont la plupart des empereurs chrétiens de cette période. 

Julien passe l'hiver 355/356 à Vienna (Vienne) avec son armée. Au début de la campagne militaire de 356, il prend le risque de tomber dans une embuscade en prenant une route dans la forêt dense, en entraînant un contingent de cavalerie au secours d'Augustodunum (Autun), victime d'une attaque d'un fort contingent de barbares. Surpris par l'arrivée du César, ces derniers prennent la fuite.

Force alamane

À Strasbourg étaient présents neuf reges ("rois") alamans : Chnodomar et son neveu Serapio, Vestralp, Ur, Ursicin, Hortar, Suomar12 et les deux qui avaient rompu le traité de paix avec les Romains, Vadomar et son collègue. Chacun d'eux avait sous lui deux pagi, pour un total de dix-huit pagi.

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