La bataille du Sabis -57


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Déjà vainqueur d'une grande coalition menée par Suessions et les Bellovaques, de 306 000 guerriers selon César, chiffres à prendre avec précautions, il s'aventure plus au nord de la Gaule, dans le pays des Nerviens.


Campagne romaine

Après le massacre de l'Aisne, le proconsul reprend sa marche vers le pays des Bellovaques et sa capitale Bratustantium (aujourd'hui près de Beauvais). Cette fois-ci, ce sont les Éduens, par l'intermédiaire de Diviciacos, qui intercèdent en faveur de ce peuple, en les décrivant comme d'honnêtes alliés qui se sont rebellés car trompés par leurs chefs. César accepte les demandes de son fidèle allié Diviciacos, et accepte la soumission des Bellovaques, en échange de 600 otages. Ensuite, le général romain marche contre les Ambiens qui se soumettent aussitôt, puis le proconsul apprend que les Nerviens mènent une nouvelle coalition. Après trois jours de marche, César s'approche de la rivière Sabis (peut-être la Selle ou la Sambre) où il apprend qu'une grande armée composée de Nerviens, Atrebates et Viromanduens l'y attendent. Les Atuatuques sont en chemin pour rejoindre les troupes belges, mais n'arriveront pas à temps.


César établit son camp sur une colline face à celui des Belges, séparés par la rivière Sabis. Il mène l'armée avec ses six légions vétéranes (les VII, VIII, IX, X, XI et XII), les deux dernières levées protègent les bagages de l'armée qui suivent (les XIII et XIV).

La cavalerie romaine, accompagnée par les frondeurs et les archers traversent la rivière et engagent le combat contre la cavalerie ennemie, qui recule. Pendant ce temps, César et ses six légions fortifient leur camp, et c'est alors que l'armée ennemie entière sort des bois et charge la cavalerie et l'infanterie légère romaine, qui sont mises en déroute. Dans leur élan, ils passent à leur tour la rivière pour attaquer les soldats en train de travailler sur le camp.

Devant une telle situation, où l'ennemi tombe sur l'armée de César qui n'est pas prête, les lieutenants et les soldats réussissent à former quelques lignes avant le premier choc. Une grande partie des soldats n'est pas totalement équipée, faute de temps, et César et ses lieutenants parent au plus pressé, quelque peu dans le désordre, mais soutiennent le choc. Sur l'aile gauche de l'armée, les neuvième et dixième légions tombent sur les Atrebates à bout de souffle, et les repoussent promptement dans la rivière, perpétrant un massacre. Au centre, les huitième et onzième légions repoussent à leur tour l'ennemi, les Viromanduens, dans la rivière, laissant l'aile droite et le camp en position dangereuse. Le gros de l'armée, composé des Nerviens de Boduognatos, entoure les deux dernières des six légions de la première ligne et s'empare du camp romain, mettant en fuite les aides de camp, la cavalerie et l'infanterie légère déjà battues, ainsi que les troupes auxiliaires gauloises.

César appelle alors les deux dernières légions, préposées aux bagages, et Titus Labienus, qui s'empare du camp ennemi avec les quatre légions victorieuses. Ce dernier en renvoie une, la dixième, sauver l'armée de César et prendre à revers l'armée ennemie. Celle-ci, entourée, ne lâche que peu de terrain et résiste jusqu'à la mort. La bataille du Sabis voit presque la disparition du peuple des Nerviens, et d'importantes pertes côté romain.

Selon César, seuls 500 combattants belges survivent, sur les 60 000 au départ, et il accepte la soumission du reste de la population belge, qu'il autorise à retourner sur leurs terres.

Conséquences

Les Atuatuques font demi-tour quand ils apprennent le désastre de leurs alliés, et se retirent dans un camp retranché entouré de pentes abruptes sur trois côtés. Cet oppidum est situé au Bois du Grand Bon Dieu, près de Thuin (Hainaut en Belgique). César marche alors sur cet oppidum, et quelques petits combats ont lieu aux alentours, jusqu'à ce que les Romains fortifient leur camp, puis préparent les machines de guerre. Celles-ci impressionnent tellement les Belges qu'ils acceptent de se soumettre. Mais une fois la nuit tombée, nombre de guerriers qui avaient gardé leurs armes se lancent dans une attaque désespérée, se battant avec courage, mais tombent sous les coups des Romains plus nombreux et fortifiés : 4 000 d'entre eux meurent cette nuit-là, les quelques autres rejoignant le camp retranché, qui est réduit à l'esclavage ; 53 000 têtes vendues. C'est le dernier peuple belge à être soumis par César. Le récit de César, notamment la traîtrise des Belges, n'est pas du tout remis en cause par Carcopino.

À la fin de ces opérations, toute la Gaule belgique, y compris les terres des Nerviens, Atuatuques, Viromanduens, Atrebates et Éburons, sont sous contrôle romain. César, ayant pacifié quasiment entièrement la Gaule après ces deux campagnes militaires, reçut des députés de peuples des deux rives du Rhin, souhaitant se soumettre à la puissance romaine. César, qui doit continuer ses fonctions d'administrateur d'Illyrie et de Gaule cisalpine, remet à plus tard les rencontres et retourne en Italie. Il met les légions en quartier d'hiver chez les Carnutes et les Turones, tribus voisines des dernières guerres. Ayant besoin que ses exploits en Gaule soient connus et reconnus à Rome, souhaitant aussi montrer le chemin qu'il reste à faire et son propre génie militaire, il publie deux premiers livres résumant ces deux premières campagnes, ceux-là même qui aujourd'hui nous sont parvenus.

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