Les Arméniens


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L’arménien constitue un rameau isolé du groupe indo-européen. Au début du Ier millénaire av. J.-C., les Arméniens ont atteint les vallées du Haut-Euphrate. À cette époque, le territoire de l’Arménie historique est occupée par des tribus hourrites, qui fondent le royaume d’Ourartou, pour faire face aux Assyriens.

L’Ourartou a développé la métallurgie et l’élevage des chevaux. Les Ourartéens bâtissent un réseau de forteresses, dont les ruines impressionnantes témoignent encore actuellement de leur puissance.

Après avoir été attaqué par les Scythes, l’Ourartou est détruit par les Mèdes (590 av. J.-C.). Les Arméniens franchissent alors l’Euphrate et se fondent avec les Ourartéens, auxquels ils imposent leur langue. C’est alors qu’apparaît le mot Arménie : dans l’inscription trilingue de Behistoun, qui relate les victoires du roi perse Darius, la version akkadienne porte Ourachtou, mais les textes iranien et élamite mentionnent Arminia et khar-min-ou-ia. 

La première inscription indiquant le pays arménien signalée dans l’Atlas historique arménien Tablette babylonnienne au British Museum  Le géographe grec Hécatée de Milet parle également d’Arminioi. Les Arméniens eux-mêmes se nomment cependant Hay, nom dont l’origine semblerait provenir de celui du légendaire titan Haïk. Au VIe siècle av. J.-C., l’Arménie fait partie de l’empire perse. Le roi de Perse y nomme un satrape, Oronte. Les Arméniens adoptent la civilisation iranienne.

Après la conquête de l’empire perse par Alexandre le Grand, les successeurs d’Oronte Ier (les Orontides) prennent le titre de roi. Ils échappent la plupart du temps aux successeurs d’Alexandre dans la région, les Séleucides. Ils adoptent cependant la culture hellénistique. Un lieutenant du Séleucide Antiochos III, Artaxias, met fin à la dynastie des Orontides (188 av. J.-C.) et inaugure celle des Artaxiades. Leur capitale portait le nom d’Artaxata (« la joie d’Artaxas »).

Une nouvelle puissance apparaît en Perse ; les Parthes. Le roi Artavazd Ier est vaincu par Mithridate II. L’Arménie devient tributaire des Parthes, doit leur céder des territoires et le fils d’Artavazd, Tigrane, est retenu en otage à la cour parthe. Il deviendra sous le nom de Tigrane II le plus grand roi d’Arménie. Son empire s’étend de la mer Caspienne à la Méditerranée. Il fonde une nouvelle capitale, Tigranocerte. L’expansion de l’Arménie vers la Méditerranée inquiète les Romains qui lui déclarent la guerre. Le général romain Lucullus s’empare de sa capitale et il est obligé de renoncer à la plupart de ses conquêtes.

L’Arménie devient un état tampon entre Rome et les Parthes. Le fils de Tigrane, Artavazd II, est envoyé en exil en Égypte, où il est exécuté. Après plusieurs règnes éphémères, la dynastie s’éteint en l’an 1. La lutte entre Rome et les Parthes pour le contrôle de l’Arménie s’achève par un compromis : l’Arménie a un souverain issu de la famille royale parthe, mais reste alliée du peuple romain. En 66, l’empereur romain Néron couronne le Parthe Tiridate Ier roi d’Arménie. Cette dynastie arsacide (du nom de la famille royale parthe) restera au pouvoir jusqu’en 428.

Les parthes marqueront durablement la société arménienne. Au somment d’une hiérachie qu’on peut qualifier de féodale se trouvent les Nakhararq, grandes familles nobles, parmi lesquelles les Mamikonian et les Bagratouni joueront un grand rôle dans la suite de l’histoire arménienne. Chaque grande famille monopolise des offices héréditaires. En cas de guerre, ils fournissent un contingent au roi. Ces grandes familles survivront à la chute de la royauté en 428.  

Tigrane II le Grand

Tigrane II le Grand est un roi arsacide d’Arménie né vers -140. Il monte sur le trône vers -95 tout d’abord comme vassal du roi parthe Mithridate II qui lui impose son protectorat. Mais rapidement Tigrane montre ses ambitions et annexe la Sophène. Devenu l’allié de Mithridate VI, le roi du Pont, ainsi que son gendre, il envahit avec lui la Cappadoce en -93, mais il en est chassé un an plus tard par Sylla qui impose la restauration du roi Ariobarzane. Il profite du déclin de l’empire parthe qui suit la mort de Mithridate II (-87) pour imposer sa suzeraineté aux princes de la Syrie du nord, de l’Atropatène, de l’Adiabène, de l’Osroène et de la Cilicie(-87/-83). Sa domination va du Caucase jusqu’au nord de l’Irak et de la Syrie actuels. Il fonde sur le Tigre vers -78 sa capitale Tigranocerte, imposante ville peuplée semble-t-il par « 300 000 » prisonniers de ses différentes campagnes.

Tigrane, repu de conquêtes, aspire à la paix et voit d’un mauvais œil la reprise du conflit entre Rome et Mithridate VI à l’initiative de ce dernier (-74). Cependant après les victoires de Lucullus contre Mithridate celui-ci se réfugie chez Tigrane qui refuse de le livrer aux Romains. Ceux-ci envahissent ses états, Lucullus s’empare de sa toute neuve capitale, Tigranocerte, en octobre -69. Mais la révolte des légions romaines ne permet pas à Lucullus de s’emparer de l’ancienne capitale de Tigrane, Artaxate. Tigrane rentre ainsi en possession de son royaume même si Lucullus rétablit sur le trône de Syrie Antiochos XIII Asiaticos.

Il est menacé par les intrigues de son fils Tigrane le Jeune, qui s’allie avec les Parthes pour enlever l’Arménie à son père, ainsi que par sa brouille avec Mithridate VI. Aussi se soumet-il avec empressement aux Romains de Pompée en -66, en cédant la Cappadoce et la Petite Arménie.

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