Les Ourartous


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Ce royaume est mentionné pour la première fois au XIIIè siècle av. J.-C. dans les annales du roi assyrien Salmanasar Ier, sous le terme d’Uruatri. Les annales de Tukulti-Ninurta Ier désigne cette même région sous le nom de « Terres de Naïri ». L’Ourartou n’a acquis une certaine importance qu’au début du IXe. Le pays est anéanti par les invasions mèdes et scythes vers 600 av. J.-C. Les Ourartéens n’étaient ni des indo-européens, ni des sémites.

Cette civilisation devait beaucoup aux peuples environnants : Hurrites, Hittites, néos-Hittites et Assyriens. Leur langue était un dialecte hurrite, mais à la fin du IXe siècle, ils ont utilisé la langue et l’écriture assyrienne. Au contraire des documents assyriens, les textes ourartéens sont secs et froids. Il s’agit pour la plupart de contrats et de lettres. Les grandes inscriptions ourartéennes sont gravées sur les blocs de pierre des édifices, ou sur des rochers. Les Ourartéens ont également utilisé des hiéroglyphes, réservés aux usages financiers et culturels, ressemblant aux hiéroglyphes hittites. 

© Jean Savaton Porte en bronze de Balawat représentant la campagne de Salmanasar III contre l’Ourartou - British Museum.  Le royaume s’étendait sur une zone regroupant la vallée de l’Araxe, l’Azerbaijan iranien, la Turquie orientale. Le véritable cœur de l’Ourartou était le Bihaina, région située entre le lac de Van, où s’élevait Tushpa (l’actuelle ville de Van) la capitale, et le lac de Sevanga (lac Goltsha). De nombreux pays passèrent sous la tutelle ourartéenne : le Hatti, le Zoupani (les historiens grecs le mentionnent sous le nom de Sophène, le bassin du lac d’Ourmia et même la Syrie septentrionale, au nord de l’Oronte.  

© Musée des Civilisations Anatoliennes Statuette de lion assis - ivoire.

C’était donc un territoire considérable, un pays de plateaux entourés de montagnes abruptes et de profondes vallées. Le monarque qui en était le maître se parait fièrement du titre de « Roi des Rois ». Cette situation lui permettait de contrôler les voies de communication de l’Assyrie avec les pays d’Occident et la Méditerranée, d’où une source inépuisable de conflits entre les deux puissances. 

La place de l’Ourartou fut prise par de nouveaux royaumes et de nouvelles fédérations des peuples qui avaient fait partie autrefois du royaume de Van. Sur le pourtour occidental du territoire de l’Ourartou les tribus se groupèrent autour des Arméniens. Le Lac de Van, cœur de l’Ourartou, devint pays mède et fit plus tard partie de la Perse achéménide. 

On a longtemps pensé que, pressés par les Arméniens, les Ourartéens avaient abandonné leur pays et s’étaient retirés dans le nord. On pense plutôt aujourd’hui qu’ils restèrent sur place et se mêlèrent aux Arméniens. Ainsi la région qui avait été le royaume de Van prenait peu à peu le nom du nouveau groupement politique qui avait occupé une grande partie de son territoire et devint l’Arménie. De même la langue ourartéenne disparut au profit de l’arménien.  

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