Les Perses ou Achéménides


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De langue indo-européenne comme les Mèdes, ils étaient entrés en Iran en même temps qu’eux à la fin du deuxième millénaire. Ils s’établirent au IXe siècle dans le pays de Parsua, au sud et au sud-ouest du lac d’Urmiah puis s’étaient déplacés vers le sud-est pour occuper les montagnes du Fars.

Les Perses comme les Mèdes étaient divisés en tribus : les Pasargades, les Maraphiens, les Maspiens, les Panthaliens, les Déronsiens, les Germaniens, tous agriculteurs. Il s’y joignait quatre tribus nomades : les Daens, les Mardes, les Dropiques et les Sagartiens. Les Pasargades sont les plus importants et les Hakhâmanich, un clan de ceux-ci, dont les Grecs ont fait le roi éponyme Achémènès. Ils s’étendirent sur tout le plateau iranien où ils fondèrent un royaume autonome sous l’impulsion du premier roi historique, Achéménès.

Vers la fin du VIIè siècle, ils apparaissent dans l’Histoire grâce à Hérodote. Ils sont alors divisés en deux royaumes gouvernés par les descendants de Teispes, fils d’Achéménès. Sur la Perse proprement dite, entre Ispahan et Shirâz, régnait la famille d’Ariaramnès, fils aîné de Teispès, tandis que, plus à l’ouest, le pays d’Anshan était gouverné par la famille de Cyrus Ier, frère d’Ariaramnès. Ces deux royaumes étaient vassaux des Mèdes. Pendant une ou deux générations, la maison d’Ariaramnès avait dominé celle de Cyrus Ier, mais le fils de ce dernier, Cambyse Ier renversa le rapport de force en épousant la fille d’Astyage, roi de Médie, son suzerain.

Les Perses introduisirent l’usage du cheval, des divinités nouvelles et une religion qui restera longtemps marquée par l’influence du dualisme mède. 

© Jean Savaton Persépolis : sculpture d’inspiration assyrienne. 

 Chronologie achéménide 

  • 550 Cyrus II le Grand prend Ecbatane. Il fonde la dynastie achéménide.
  • 546 Cyrus prend le titre de roi de Perse et annexe la Lydie.
  • 539 Cyrus prend Babylone. Organisation des satrapies. Fondation de Pasargades, puis de Persépolis.
  • 529 - 522 Règne de Cambyse II. Conquête de l’Égypte.
  • 522 - 486 Règne de Darius Ier.
  • 486 - 465 Règne de Xerxès.
  • 480 Deuxième guerre médique. Construction de la salle aux Cent colonnes à Persépolis.
  • 449 Traité avec la Grèce. Arrêt de l’expansion perse à l’ouest.
  • 401 Retraite des Dix-Mille.
  • 336 - 330 Règne de Darius III Codoman.
  • 334 Victoire d’Alexandre sur les Perses à la bataille du Granique. 

Croissance et déclin 

Au début du VIIè siècle av. J.-C. les tribus perses installées dans le Fârs étaient organisées en un petit Etat, sous la conduite du roi Achéménès. Son fils, Teispès (675-640 av. J.-C.) agrandit le royaume qui à sa mort, fut divisé entre ses héritiers : Ariaramnès devint roi de Parsa et Cyrus Ier, roi d’Anshân. Au milieu du VIè siècle avant J.-C., Cyrus II le Grand fonde l’empire perse des Achéménides, qui connaît sa plus grande expansion en particulier sous Darius Ier. 


L’empire s’étend ainsi de la Libye à l’Indus et des provinces d’Ionie jusqu’ à la Nubie (soit un peu plus de 23 peuples différents). Pour la première fois dans l’Histoire, tout le Proche-Orient et le Moyen-Orient sont réunis sous un seul et même sceptre. (Voir carte) Cet empire est gouverné par une administration héritée de l’Assyrie et de Babylone.
© Jean Savaton Persépolis : chapiteau de colonne à tête de cheval. Tout l’édifice reposait sur le sentiment de loyauté des sujets envers la dynastie régnante, dont le représentant était révéré comme une divinité et entouré d’une pompe saisissante. Le roi, Grand Roi, est un autocrate absolu qui gouverne de loin. Les populations soumises conservent leur organisation propre, leur religion, leurs chefs même. Mais tous les sujets jusqu’aux plus hautes charges sont considérés comme des bandaka du roi, c’est à dire des personnes liées par un lien de fidélité absolue. La stabilité dynastique permit une stabilité politique et même lors de la conquête Alexandre, les satrapes resteront parfaitement loyaux.
Toutefois, le déclin et la chute de l’empire perse s’expliquent peut-être par les mêmes raisons qui ont conduit à l’éclatement de tous les empires : l’affaiblissement du pouvoir central (intrigues au harem, vie des dirigeants « à l’orientale »), les rebellions nationales (Grèce, Égypte) peut-être exagérées par la propagande alexandrine, mais renforcées par les défaites perses durant les Guerres Médiques, et la décomposition générale du système (affaiblissement de l’armée, soulèvement des satrapies, décadence des mœurs). Toutes choses qui entraîneront l’écroulement quasi immédiat de l’empire quand surgira le génial Alexandre et ses énergiques soldats. 

 

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