La guerre des Gaules


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ROME ET LA GAULE

En 125 avant J.-C, la colonie grecque de Massilia (Marseille aujourd'hui) avait été harcelée par les Salyens, et avait demandé l'aide de Rome. Une armée romaine avait pris la capitale des Salyens, puis avait battu une armée gauloise composée de Salyens et de leurs voisins les Allobroges. Une autre tribu, les Arvernes, qui les avait rejoints, fut également vaincue.

Rome annexa donc les territoires côtiers des Salyens et des Allobroges, ainsi que Massilia, et en fit la Gaule Narbonnaise, du nom de sa capitale Narbonensis (Narbonne actuelle). Cette dernière et la Gaule Cisalpine (conquise au début du IIe siècle avant J.-C.) reçurent le nom de Gaule Transalpine. Cette région devait servir à César de base de départ pour la conquête du reste de la Gaule.

L'occasion s'en présenta en 58 avant J.-C. Une décennie auparavant, en 70 avant J.-C, un peuple de Germanie, les Suèves, avait traversé le Rhin et s'était installé dans la région de l'Alsace actuelle, au nord-est de la Gaule. Dix ans plus tard, leur roi Arioviste battit une armée gauloise envoyée pour repousser les Suèves en Germanie. À la même époque, les Daces soumirent les Celtes du Danube, dont les Boïens, puis firent alliance avec les Suèves. Confrontés à cette double menace du nord et de l'est, les Helvètes (de la Suisse actuelle) gagnèrent l'abri relatif qu'était la Gaule du Sud-Est.

César leur refusa le passage à travers le territoire des Allobroges, et dit au Sénat que cette migration était une réelle menace pour la Gaule Transalpine. Il renforça ses troupes dans la région, puis, quand les Helvètes pénétrèrent sur les terres gauloises des Séquanes, il remonta le Rhône pour les attaquer. À la bataille de Bibracte (58 avant J.-C), ses quatre légions vainquirent un grand nombre d'Helvètes et de leurs alliés celtes, qu'ils repoussèrent dans les Alpes suisses. Il se servit du soutien des chefs gaulois proromains comme l'Eduen Divitiacus pour forcer le Sénat à le nommer proconsul des Gaules.

César avait maintenant un bon prétexte pour aller attaquer les Suèves et leur chef Arioviste. Il occupait déjà les terres des Séquanes et s'était allié aux Eduens plus à l'est. Les voies de communication étant protégées par des garnisons, il s'avança jusqu'en Alsace où il battit les Suèves. Apres avoir passé l'hiver dans l'est de la Gaule, César fut informé de l'existence de conflits entre les tribus belges, ses voisins du nord-ouest. Le peuple belge comptait onze tribus. César les attaqua en 57 avant J.-C, et les détruisit séparément avant qu'elles n'aient eu le temps de regrouper leurs forces.

Les Nerviens et les Aduatuques étaient les opposants les plus sérieux de César. Ils faillirent l'arrêter sur la Sambre, mais ils furent vaincus. La même année, Publius Licinius Crassus, un lieutenant de César, soumit les diverses petites tribus qui habitaient les actuelles Normandie et Bretagne. L'année suivante (56 avant J.-C), une révolte des Vénètes, peuple armoricain de marins, obligea César à se constituer une flotte qu'il équipa en personnel venant de Gaule Transalpine ou des légions romaines.  

Tandis que les Vénètes avaient de grands bateaux, la flotte de César était constituée de galères. Au cours d'une bataille navale dans le golfe du Morbihan, en Bretagne, ses galères attaquèrent les bateaux vénètes encalminés et les détruisirent. Avec le contrôle de la mer, César axait les mains libres pour lancer des patrouilles de reconnaissance contre les Belges du sud de l'île de Bretagne. 

VERCINGÉTORIX

Si les victoires de César en Gaule furent le fruit des innovations tactiques, les dissensions entre les Celtes tinrent également un rôle important dans le succès des Romains... jusqu'à Vercingétorix. Ce grand chef arverne mena la coalition des peuples gaulois, et sa stratégie de guérilla faillit bien chasser les Romains de Gaule. La première erreur que commit Vercingétorix - enfermer son armée dans la forteresse d'Alésia - fut aussi la dernière : l'issue du siège allait déterminer le sort de la Gaule.

Il est possible que César ait envisagé pour la première fois de lancer une expédition contre les Brittons alors qu'il était en campagne en Bretagne. Une toute première expédition, en 55 avant J.-C, rencontra une violente opposition des habitants du Cantium dans le Kent, et des orages perturbèrent les communications romaines avec la Gaule, réexpédition fut suspendue. L'année suivante, les Romains firent une nouvelle tentative, traversèrent le Cantium et atteignirent la Tamise. César défit une confédération tribale menée par Cassivclaunus, chef de Catuvellauni, avant de regagner la Gaule.

Le retour de César fut en partie provoqué par des problèmes de logistique, mais également par des révoltes qui couvaient en Gaule. Des troubles agitaient les Sénons, les Carnutes et les Éburins. Durant la première phase de sa campagne, César avait misé sur le manque d'unité entre les différentes tribus celtes. Mais à mesure que la résistance gauloise se durcissait, les choses devenaient plus difficiles.

En 52 avant J.-C, la résistance celte se cristallisa autour de Vercingétorix, un chef arverne. Les Carnutes furent les instigateurs du soulèvement contre Rome. Vercingétorix plaida en faveur d'une stratégie concertée, dirigée contre les lignes de ravitaillement de César. Les premiers signes de la rébellion furent des attaques des patrouilles et des avant-postes romains. Malgré les menaces qui pesaient sur son ravitaillement, César devait montrer qu'il avait toujours la situation en mains. Il contrecarra une invasion gauloise de la Gaule Transalpine, puis alla soutenir ses alliés les Éduens. Vercingétorix riposta par la tactique de la terre brûlée, et demanda à ses compagnons gaulois rebelles de l'aider en détruisant leurs places fortes les plus vulnérables.

LA FIN DE LA RÉSISTANCE GAULOISE

Vercingétorix était réaliste, comparé aux autres Celtes. Il reconnaissait que son peuple n'était pas en mesure d'affronter l'appareil de guerre sophistiqué des Romains au cours d'une bataille en terrain dégagé. Il était favorable à une politique de guérilla, sans positions fixes ni grandes batailles. Cela allait à l'encontre de tout ce que pensaient les guerriers celtes et constituait un changement radical de stratégie. La politique de la terre brûlée échoua quand les Bituriges refusèrent de détruire leur principal Oppidum pour empêcher les romains de l'occuper.
Défenses romaines d'Alésia 

Les techniques romaines eurent raison de la résistance gauloise, et la ville tomba avec ses 40 000 habitants. Puis césar fit le siège de la forteresse de Gergovie, mais fût repoussé par ses défenseurs. Ce fut son premier revers ; il planifia alors une vaste retraite en Gaule transalpine pour réorganiser ses forces. Mais Vercingétorix commit une erreur fatale. Alors que son armée harcelait les romains qui battaient en retraite, il laissa sa cavalerie s'engager dans une vaste opération où elle fut battue par les cavaliers germains, mercenaires à la solde de César. Ce fut au tour des gaulois de battre en retraite et César les poursuivi vers le nord. 

Vercingétorix regroupa ses forces dans la forteresse d'Alésia, la capitale des Mandubiens. A son arrivée, César entreprit de grands travaux d'investissement : des circonvallations avec deux lignes de défense, dirigées vers l'intérieur et l'extérieur des positions ; des pièges à homme faits de pieux taillés en pinte, des trous de loup et des fossés renforçaient les lignes de défense. Au bout d'un mois, Vercingétorix fit sortir les femmes et les enfants, mais César leur refusa le passage à travers les lignes romaines. Ils moururent entre les deux forces en présence. Enfin arriva le secours d'une armée gauloise attendue depuis longtemps. Des attaques concertées des gaulois furent lancées des deux côtés sur la lignes romaines. Les défenses de César résistèrent à trois furieux assauts, et l'armée venue en renfort se replia.
Vercingétorix jette ses armes devant César, tableau de L.Royer (1888) Avec ses hommes qui mouraient de faim, Vercingétorix entoura le camp de César et le furieux combat sui suivit fut le dernier acte de résistance des gaulois contre la domination romaine. Les années suivantes, César consolida la présence romaine en soumettant les dernières tribus gauloises qui résistaient encore et en prenant leur capitales. La résistance celte étant écrasée en Gaule, les îles britanniques restaient le seul bastion de la civilisation celte.

 

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