La révolte de Sertorius


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Après la mort de Marius et la victoire de Sylla, Quintus Sertorius part pour l'Hispanie en - 83 préparer la résistance contre Sylla. Il trouve une province rétive à l'autorité de Rome en raison de la cupidité des gouverneurs qui viennent chaque année. Il organise des milices locales et y mêle les déserteurs romains et les autochtones. Refoulé en Afrique par la puissante armée que Sylla envoie depuis la Gaule, commandée par Annius, Sertorius est vainqueur de Paccianus, un général de Sylla, près de Tingis. Les Lusitaniens qui ont souffert des hommes du parti de Sylla lui demandent d'être leur chef. Il accepte et malgré la flotte romaine, revient en Hispanie avec avec mille neuf cents Romains et sept cents Africains. Les Lusitaniens ajoutent quatre mille fantassins et sept cents cavaliers et avec cette "petite armée" doit lutter contre des généraux romains commandant des troupes plus nombreuses. Et comme nous dit Plutarque :

"Il défait Cotta dans un combat naval, près du détroit de Mellaria, il vainc Phidius, qui commande dans la Bétique, et lui tue deux mille Romains près du fleuve Bétis. Son questeur remporte une grande victoire sur Lucius Domitius, proconsul de l'Espagne citérieure qui trouve la mort au combat. Il bat en personne l'armée d'un des lieutenants de Quintus Cæcilius Métellus Pius, nommé Thoranius, qui périt dans le combat. Enfin, Métellus lui-même, l'un des plus grands et des plus célèbres généraux que les Romains eussent alors, se trouve dans un tel embarras, et réduit à une si grande extrémité, que Lucius Manlius est obligé d'accourir de la Gaule Narbonnaise à son secours".

Malgré cette puissante armée romaine, Sertorius réussit à former une sorte de république indépendante avec un sénat de 300 membres. Il entretient des relations diplomatiques avec le roi du Pont et s'allie avec les pirates de la Méditerranée. Mais il ne cède pas à Mithridate qui lui demande un général et des troupes pour reconquérir toute l'Asie après la paix de Dardanos en échange de vaisseaux et d'argent. Le traité est signé vers - 76, sur la base de la reconquête de la Bithynie et de la Cappadoce uniquement. La province d'Asie doit rester romaine. Sertorius envoie pour général, en Asie, Marcus Marius, l'un des sénateurs romains qui l'ont rejoint.

En -76, Marcus Perperna Vento vient avec quelques sénateurs et 20 000 légionnaires faire la guerre à Metellus mais ses soldats veulent se battre sous la direction de Sertorius et la venue de Pompée oblige Perpenna à céder. Mais Pompée, venu avec trente mille fantassins et mille cavaliers, se montre bien plus efficace que Metellus. Il ne réussit pas à vaincre Sertorius mais bat certains de ses officiers. Le premier engagement entre Sertorius et Pompée coûte à ce dernier 10 000 légionnaires et le bagage de son armée en raison d'une superbe embuscade.

Sertorius oblige les soldats de Pompée à fourrager au même endroit Puis il attaque en milieu de matinée quand les Romains sont confiants et la garde fourrageant elle aussi. Il encercle les Romains avec la cavalerie et capture tous les rescapés. Quand Pompée envoie une légion en renfort, la cavalerie de Sertorius la laisse passer et l'attaque par l'arrière quand elle se trouve face à l'infanterie espagnole. La légion est taillée en pièce comme nous le précise Frontin. Et la guerre se poursuit avec des déconvenues répétées pour Pompée. 

Sertorius remporte contre Pompée la bataille de la Turia mais il ne peut l'exploiter car Metellus intervient, c'est un échec pour Sertorius qui n'a pu empêcher la réunion des deux généraux près de Sagonte. Mais la difficulté de se ravitailler oblige les deux armées romaines à se séparer. Pompée va même jusqu'à menacer le Sénat de poursuivre la guerre en Italie s'il ne reçoit pas des vivres et le consul Lucullus s'exécute et lui envoie aussi deux légions. 

Les deux généraux romains pourchassent Sertorius dans la vallée de l'Ebre supérieur mais il sait se tirer d'affaire et en hiver - 74, Metellus se replie sur l'Hispania Ulterior tandis que Pompée revient en Narbonnaise où les Gaulois ont repris les armes. Les deux années suivantes, la situation se dégrade dans le camp de Sertorius. Les sénateurs sont aigris de dépendre de Sertorius et le desservent auprès des Espagnols qui trouvent l'effort de guerre trop lourd. Sertorius réagit brutalement et un complot se forme contre lui, dirigé par Perperna qui se conclut par l'assassinat de Sertorius au milieu d'un repas. 

Perperna qui commande à présent la résistance à Pompée voit une partie de ses troupes se disperser, en particulier les Lusitaniens. Il est battu à plusieurs reprises et capturé. Mais les chefs ibériques résistent encore une année. Pompée réorganise les deux provinces, fonde chez les Vascons, une cité qui porte son nom, Pompelon (Pampelune).   

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