Néron


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La personnalité de Néron offrait un curieux mélange de grande culture et d'extrême cruauté. Après des débuts prometteurs, il apparut comme le plus implacable des tyrans que Rome n'ait jamais connu. Il élimina nombre de ses rivaux et fit même assassiner sa femme et sa propre mère.

Lucius Domitius Ahenobarbus fut élevé à la cour par des maîtres éminents, sous les yeux attentifs desquels il cultiva une grande passion pour les arts. Caligula avait exilé sa mère Agrippine; Claude non seulement la rappela à Rome, mais il l'épousa. Elle parvint à marier son fil à Octavie, la fille de Claude, puis à le faire adopter par ce dernier ; il reçu en retour le nom de Néron Claudius Caesar. Drusus Germanicus. Après la mort soudaine de Claude, le jeune Néron, âgé de 18 ans (vers 54 à 68 apr. J.-C.) devint empereur. Enchantée, Agrippine fut co-souveraine aux côtés de son fils. Les premières pièces frappées de cette période présentent ainsi leurs deux profils. Forte de sa nouvelle souveraineté, elle s'empressa d'éliminer les secrétaires de Claude et les rares descendants d'Auguste auraient pu représenter une menace. Cependant, les maîtres de Néron, Seneque et Burrhus, ne supportant pas l'idée qu'une femme puisse gouverner Rome, dressèrent le jeune empereur contre sa mère. Répudiée, Agrippine reporta son affection sur Britannicus, fils de Claude et prétendant au trône.

Sénèque recommandait à Néron la sagesse et la prudence plutôt que l'impulsivité. Mais, fasciné par le pouvoir absolu, Néron se détourna de son conseiller pour lui préférer ses instincts, dont la plupart étaient méprisables. Britannicus fut sa première victime. Lorsqu'il mourut au cours d'un d'épilepsie. Sa mère subit ensuite ses foudres. Embarquée sur un bateau condamné à sombrer, elle parvint à regagner la rive, saine et sauve, mais Néron la fit poursuivre et assassiner. En matière de gouvernement, l'empereur confia toutes les affaires d'État entre les mains de Sénèque et de Burrhus. Si les historiens considèrent ces cinq années comme une période heureuse, c'est sans doute grâce à ces deux conseillers.

Jeune homme débauché en quête d'émotions fortes, on prétend que Néron rôdait dans les rues, la nuit venue, avec des amis - dont Othon, le futur empereur-et attaquait les noctambules. Quand il fut lassé de ce passe temps malsain, il se tourna vers les courses et scandalisa les aristocrates romains en conduisant lui-même des chars (la tradition voulait que les chars soient conduits par des esclaves et non par des empereurs). Sa passion pour les sports hellénistiques donna naissance aux Néroniens de 60 apr. J.-C, inspirés des Olympiques de Grèce. 

I. PORTA CAPENAII. CAELIMONTIUMIII. ISIS ET SERAPISIV. TEMPLUM PACIS
V. ESQUILIAEVI. ALTA SEMITAVII. VIA LATAVIII. FORUM ROMANUM
IX. CIRCUS FLAMINIUSX. PALATIUMXI. CIRCUS MAXIMUSXII. PISCINA PUBLICA
XIII. AVENTINUSXIV. TRANS TIBERIM

LA FIN DU DESPOTE

Le goût inconvenant de Néron pour le sport -contrairement à l'opinion populaire, il ne s'intéressait pas aux combats de gladiateurs romains -s'accompagnait d'une ferveur croissante pour les arts du spectacle. À cette époque, les acteurs étaient considérés comme des êtres serviles et vulgaires, mais Néron ne manquait pas une occasion de jouer dans un théâtre, interdisant que quiconque quitte la salle tant qu'il était sur scène.

Sa réputation se ternit encore. plus lorsqu'il bannit puis fit assassiner sa femme Octavie très populaire mais suspecte a ses yeux du fait qu'elle était la sœur de Britannicus. Il la remplaça par la vaniteuse Poppée Sabina, femme de son ami Othon, qu'il éloigna en le nommant gouverneur de Lusitanie. Son empressement à éradiquer l'opposition en recourant à l'assassinat créa une atmosphère de paranoïa. Néron décida même d'éliminer de hauts personnages tels son maître Sénèque et le célèbre général Corbulon.

Cette décision transforma le mépris de son armée, que Néron ignorait, en une franche hostilité. En 64, le grand incendie, qui ravagea quatorze quartiers de Rome, exacerba le mécontentement du peuple et déclencha les passions. Néron fat accusé d'avoir provoqué la catastrophe après qu'il eut maladroitement suggéré que le feu était une aubaine lui permettant de construire son nouveau palais, la maison d'Or. Paradoxalement, Néron, qui se trouvait à Antium lorsque le feu se déclara, prit d'énergiques mesures pour lutter contre l'incendie et venir en aide aux nombreuses victimes. Il en resta une série de nouveaux bâtiments et des règlements inédits concernant les incendies malheureusement fréquents à Rome, à cette époque.

Néron, cherchant un bouc émissaire, stigmatisa les chrétiens, adeptes d'une religion en plein essor, et néanmoins en marge de la société. Des milliers périrent pour un crime qu'ils n'avaient pas commis. L'empereur despotique réagissait à son impopularité en persécutant toute opposition, assisté par son favori Tigellin, préfet du prétoire et homme de main zélé. La foule lui étant franchement hostile et les légions en mutinerie ouverte, le Sénat déclara Néron ennemi public et mit sur le trône Galba, alors gouverneur de Tarragonèse, le 8 juin 68. L'empereur déchu se réfugia dans les faubourgs ; ne trouvant pas le courage de se suicider, il ordonna à un serviteur de le tuer. La dynastie des JulesClaudes s'éteignit avec Néron qui aurait expiré sur ces mots : " Quel artiste meurt en moi ! ". 

 

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