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Louis VI, dit le Gros, Roi de France (1108 à 1137)

Fils de Philippe Ier et de Berthe de Hollande, il fut élevé dans l'abbaye de Saint-Denis jusqu'en 1092 ou 1093 et paraît avoir été délaissé de tous, à la suite de la répudiation de sa mère, lorsque Philippe, le plaçant à la tête de son armée, le chargea de défendre le Vexin contre le roi d'Angleterre (1097). Ne disposant que de forces bien inférieures, il sut éviter les engagements sérieux et empêcher les Anglais néanmoins de s'emparer des villes qu'ils revendiquaient; mais, peu après, sans doute déjà en lutte avec le parti de sa belle-mère Bertrade, qui s'opposait à sa nomination de chevalier et par suite à son association à la couronne, il se retira dans la comté de Ponthieu. Il fut élu roi à une date comprise entre le 24 mai 1098, jour où la chevalerie lui fut conférée par le comte de Ponthieu, et le 25 décembre 1100, où il parut comme roi à la cour d'Angleterre. En 1101, avec l'aide du comte de Flandre, de la comtesse de Blois et d'un seigneur de Montfort, il fit une expédition contre les seigneurs de Montmorency, de Beaumont et de Mouchy pour sauvegarder les droits des abbés de Saint-Denis. Pendant les huit années qui précédèrent son avènement définitif, il eut ses officiers et ses conseillers particuliers et dut se défendre tout ce temps contre Bertrade. D'après Ordéric Vital, celle-ci aurait essayé de le faire retenir prisonnier par le roi d'Angleterre, puis, n'ayant pas pu davantage le faire assassiner, aurait réussi à l'empoisonner et il aurait gardé de cet empoisonnement auquel il survécut un teint livide. Mais, en 1103, la lutte prit fin, à la prière de Philippe, et Louis reçut en signe de réconciliation Pontoise avec tout le Vexin.

En 1104, il accepta la fiancée que lui présentait son père, Lucienne, fille de Gui le Rouge, seigneur de Rochefort, sénéchal de France et en cette qualité sorte de vice-roi; mais sous prétexte de consanguinité l'union ainsi conclue fut déclarée nulle en 1107 par le pape Pascal II au concile de Troyes, grâce aux intrigues des Garlande, ennemis des Rochefort. Louis s'empara de Gournay sur Gui le Rouge qui avait pris les armes et battit le comte de Blois Thibaud allié de Gui. Philippe étant mort en 1108, le roi jusque-là désigné, comme on disait, fut sacré en toute hâte le 3 août à Orléans.

Le nouveau roi avait une belle figure et une prestance qui ne tarda pas à se changer en obésité; gourmand, sensuel, cupide, il était d'autre part doué d'assez grandes qualités pour que ses contemporains aient tous vanté sa douceur et sa bonhomie qu'ils appelaient simplicité, et il se montra surtout très bon fils, sans aller cependant jusqu'à s'effacer devant son père plus que son titre de roi ne lui en donnait le droit. Toujours singulièrement respectueux des lois de la féodalité, d'un caractère chevaleresque, il fut surtout un homme de guerre qui combattit sans relâche jusqu'à sa mort; véritable athlète, il se battait corps à corps dans les mêlées et il proposa au roi d'Angleterre Henri Ier  Beauclerc de vider leurs différends par un combat singulier. En revanche, il n'eut pas les qualités de l'homme politique. Mais il voulut posséder une autorité réelle, alors que les premiers Capétiens avaient eu seulement des prérogatives. Dès son élection de roi il s'était fait le défenseur des biens de I'Eglise; presque toutes ses expéditions ont été entreprises pour donner satisfaction aux plaintes d'un évêque on d'un abbé, et il se trouvait heureusement que presque toujours les intérêts du clergé et ceux de la royauté étaient les mêmes.

Son oeuvre militaire est remarquable. Déjà en 1102, au profit des établissements ecclésiastiques de Beauvais, il avait incendié le château de Mouchy, pris ensuite sur le comte de Beaumont le donjon de Luzarches et menacé celui de Chambly ; puis, au profit des églises de Reims et de Laon mis à feu et à sang les possessions d'Eble de Rouci ; il avait en 1103 délivré l'évêque d'Orléans des prétentions des seigneurs de Meung-sur-Loire; et en juillet 1108, peu de temps avant de remplacer son père, il venait de s'emparer du seigneur de Sainte-Sévère dans le Berry, sans doute pour servir les droits des moines de Saint-Denis qui possédaient un prieuré à La Chapelle-Aude. Louis VI comprit la nécessité pour la royauté de se rendre maîtresse des donjons hostiles dressés sur son territoire. Hugues du Puiset, dont le château fut pris et brûlé trois fois, fut fait prisonnier seulement en 1118; mais, dès 1112, une forteresse royale s'éleva à Janville en face du Puiset. Hugues n'était du reste qu'un « baron dévastateur ».  

Thomas de Marle fut un adversaire autrement important. Il était sire du fameux château de Coucy. Guibert de Nogent a fait le portrait de ce seigneur, dont la cruauté raffinée étonnait son époque. Une véritable croisade fut organisée contre lui en 1114 par le légat du pape, et Louis le Gros en eut la direction. Thomas perdit deux de ses châteaux et paya des indemnités, mais recommença ses brigandages ; il ne fut pris qu'en 1130, dans une nouvelle expédition conduite par le roi ; en 1132, enfin, le Laminais put être pacifié après une expédition dirigée Contre Enguerrand de Coucy, fils de Thomas de Marle. La seigneurie de Péronne avait été restituée en 1109 aux parents que le roi avait en Vermandois. En 1147 la tour d'Amiens fut détruite et Enguerrand de Coucy perdit le comté d'Amiens. Du coté de la Normandie, Louis reprit Mantes à son frère adultérin Philippe (1109), et vers la mème époque,les gens du Vexin ayant demandé son secours contre Guillaume de La Roche-Guyon qui avait fait assassiner son beau-fils, il fit infliger à l'assassin le dernier supplice. Sur la rive gauche de la Seine il eut à lutter pendant plus de vingt ans. Les seigneurs de Rochefort-Montlhéry possédaient presque toutes les forteresses qui commandaient les routes de Paris à Etampes, Orléans et Melun, résidences royales; mais ils étaient divisés par des querelles de famille dont le roi sut profiter. 

Tandis que Gui le Rouge et Hugues de Crécy, son fils, se mettaient à la tête de toutes les coalitions et de tous les complots dirigés contre lui, il protégeait leurs parents Milon de Brai et Eudes de Corbeil. Cette lutte fut marquée d'abord par la prise de La Ferté-Alais (1108), de Châtres (Arpajon) et de Montlhéry (1109), dont le roi s'empara. A la suite de la mort dramatique de Milon, étranglé à Châteaufort, Hugues, abandonné de tous, fut réduit à se jeter aux pieds de Louis VI (1118). Les biens de la maison de Montlhéry furent confisqués et enrichirent les uns le domaine royal, les autres celui de la maison de Garlande. En Gâtinais, Louis contraignit le vicomte du lieu à ne plus inquiéter les moines de Fleury (1112) et à lui vendre plusieurs châteaux. Douze ans pus tard, il achevait son oeuvre de ce côté par la destruction de la forteresse de Château-Renard qui relevait du comte de Blois. Vers 1120, il détruisit le château de Pierre, seigneur de Maule. Dans sa dernière campagne, à la fin de 1135, il brûla le château de Saint-Brisson-sur-Loire dont le seigneur détroussait les marchands, et rendit ainsi la sécurité à la fois au commerce de la Loire et à l'abbaye de Fleury. A une date indéterminée, il avait détruit de fond en comble le château de Quierzy-sur-Oise, objet de terreur surtout pour le chapitre de Notre-Danse de Noyon.

Si Louis VI mit tous ses efforts à dompter la petite féodalité de l'ancien duché de France, il ne s'immisça presque pas dans les affaires de la haute féodalité. Le comte de Blois-Champagne, Thibaud IV, n'en fut pas moins « le mauvais génie » de Louis le Gros. Sa situation était considérable. Ayant pris parti pour la maison de Rochefort-Montlhéry, et battu prés de Gournay (1107), il parut se soumettra et en 1109 amena son contingent au roi, mais, de 1111 à 1135, Louis VI le trouva partout en face de lui; il fut particulièrement l'allié de son oncle Henri Ier d'Angleterre. Au concile de Reims (1149), devant le pape, Louis l'accusa de tenir prisonnier depuis quatre ans le comte de Nevers, et cette même année Chartres, capitale du comte, que le roi voulait incendier, ne dut son salut qu'aux supplications du chapitre de Notre-Dame. 

Interrompue par le péril national en 1124, cette guerre féodale reprit lorsque le comte de Blois devint comte de Champagne (1125). Thibaud soutient Etienne de Garlande et Amaury de Montfort disgraciés qui entretiennent la guerre civile de 1128 à 1130; le roi vient assiéger Livry et détruit la place complètement (1128); en 1130, comme il assiégeait Cosne dont le seigneur avait des démêlés avec le comte de Nevers, il dut sans doute battre en retraite devant les secours envoyés par Thibaud; deux ans après, on le voit brûler Bonneval (Eure-et-Loir), puis détruire Château-Renard (Loiret). Enfin en 1135, Louis VI, affaibli par la maladie ou songeant à assurer à son fils sa succes 

sien, et Thibaud, qui nourrissait l'espoir de devenir duc de Normandie et peut-être roi d'Angleterre, se rapprochèrent; avec Raoul de Vermandois, le comte de Champagne fut désigné pour servir de tuteur au prince héritier. 

En Flandre, dont les comtes étaient ses fidèles alliés, Louis intervint pour venger l'assassinat de Charles le Bon et surtout pour s'assujettir les Flamands en choisissant leur comte; son candidat Guillaume Cliton, entré par mariage dans la famille capétienne et auquel il avait donné tout le Vexin fut élu; installé à Arras, le roi de France gouverna en réalite quelque temps la Flandre; le prétendant, Guillaume d'Ypres, fut emprisonné et les meurtriers de Charles suppliciés. Mais lorsque son protecteur eut quitté Bruges (mai 1127), Guillaume Cliton ne sut pas se maintenir, et Louis, occupe par d'autres intérêts, ne reçut des bourgeois de Bruges, auxquels il avait écrit, qu'une réponse hautaine et dut se contenter d'abord de faire jeter l'interdit sur les églises flamandes et excommunier le nouveau comte Thierry d'Alsace, avant de venir assiéger celui-ci dans Lille; au bout de six jours même il leva le siège et abandonna Guillaume (mai 1198).

Avec l'Anjou il resta en paix, parce que cette maison était l'ennemie naturelle de la puissance anglo-normande.  Avec les autres grands fiefs, les rapports de Louis VI ont été intermittents ou accidentels. S'il marcha à deux reprises contre le comte d'Auvergne, Guillaume VI, ce fut pour l'empêcher de persécuter l'évêché de Clermont, diocèse royal; vers 1120, secondé par les comtes d'Anjou, de Bretagne et de Nevers, il prend Pont-du-Château sur l'Allier, s'empare de Clermont et fait rentrer l'évêque en possession de son domaine; en 1126, le comte n'ayant pas respecté le traité conclu, il brûle Montferrand, soumet l'Auvergne et accepte les otages que lui offre le duc d'Aquitaine, suzerain. En 1108 ou 1109, il était intervenu en faveur du neveu d'Aimon II, seigneur de Bourbon, et avait obtenu que ce seigneur se rendit à lui à discrétion. En 1137, le mariage du fils de Louis le Gros avec l'héritier du duc d'Aquitaine doubla le domaine capétien sans augmenter beaucoup immédiatement la puissance royale.

Avec la monarchie anglo-saxonne la guerre fut presque permanente de 1109 à 1128. Louis avait eu le grand tort, en 1107, de donner son approbation, malgré les avis de Philipe Ier, à la conquête de la Normandie par Henri Ier d'Angleterre. Henri ayant été sommé de rendre le château de Gisors dont il s'était emparé, puis de comparaître judiciairement, les hostilités commencèrent (février ou mars 1109). Le duc de Bourgogne, les comtes de Flandre, de Blois et de Nevers prêtaient leur appui au roi de France. Après une entrevue infructueuse aux Planches de Néaufle sur les bords de l'Epte (Eure) entre le roi d'Angleterre et une députation de seigneurs français, un premier engagement où les Normands ont le dessous a lieu aux portes de Gisors (24 mars ou avril); pendant deux ans les gens de la Flandre, du Ponthieu et du Vexin ne cessent de ravager les frontières du duché de Normandie. Louis prend d'assaut la capitale du comte de Meulan (1110); mais, l'année suivante, peut-être le 12 mars, Robert de Meulan tente un coup de main sur Paris. Louis accouru de Melun manque d'être pris et c'est alors qu'il aurait dit en fendant la tête à un chevalier ennemi : 

« Ce n'est pas seulement aux échecs, qu'il est interdit de prendre le roi. » 

Peu après, Henri, débarqué en Normandie, inquiète le comte d'Anjou.

En 1112, dans sa seconde guerre contre le seigneur du Puiset, Louis est défait près de Toury (Eure-et-Loir) par les troupes alliées de ses adversaires, renforcées d'une armée normande. Le 4 novembre de la même année, le roi d'An gleterre fait saisir Robert de Bellême chargé par Louis le Gros d'une ambassade auprès de lui. Aux termes de la paix de Gisors, il acquit la suzeraineté de la seigneurie de Bellême et des comtés du Maine et de Bretagne (fin de mars 1113); la Normandie devint une puissance continentale à peu près indépendante. Les hostilités entre Louis le Gros et le comte Thibaud amenèrent le renouvellement de la guerre (1146). En 1117, Louis, qui était entré en Normandie, se retire devant l'armée anglaise; au commencement de l'année suivante, il fait attaquer Henri de tous les côtés, il s'empare de Gasny (Eure) et assiège le château de Malassis; d'après un document il aurait ravagé la Normandie jusqu'à Rouen; il occupe Laigle en septembre, puis Les Andelys qu'on lui livre au printemps de 1119, et investit Dangu et Châteauneuf-sur-Epte dont il abandonne le siège, à la nouvelle que les Anglais ont brûlé Evreux. Le 20 août a lieu la bataille de Brémule (Eure), où Louis le Gros, ayant engagé l'action malgré les efforts de Bouchard de Montmorency, est complètement défait, perd son étendard et son cheval de guerre que le roi d'Angleterre lui renvoya, et ne rentre aux Andelys qu'après s'être égaré dans une forêt. En septembre, il brûle Ivry-la-Bataille, mais échoue au siège de Breteuil. Le pape Calixte II, oncle du roi, voulut bien s'entremettre enfin, mais non pas condamner Henri. Par la paix qui fut signée, Louis recevait, pour la Normandie, l'hommage de l'héritier présomptif d'Angleterre (1120). A la mort de ce prince, Louis VI poussa en avant comme prétendant Guillaume Cliton, fils de Robert Courteheuse. Mais Henri s'entendit avec son gendre, l'empereur d'Allemagne Henri V. Le roi de France organisa une levée en masse; l'empereur recula (1124). Pendant ce temps, Amaury de Montfort défendait victorieusement le Vexin contre Henri. Le roi d'Angleterre maria sa fille au comte d'Anjou en 1129 et remporta ainsi un succès diplomatique.

Allié de la papauté réfugiée presque toujours en France, Louis VI eut à choisir, au moment du schisme de 1130, entre Innocent Il et Anaclet; il convoqua un concile à Etampes et le premier reconnut pour pape Innocent Il. L'alliance plusieurs fois sur le point d'être rompue, notamment dans l'affaire de la primatie de l'archevêché de Lyon (1121), subsista à l'avantage des deux pouvoirs. La royauté capétienne conserva sous ce règne son caractère ecclésiastique; les deux premiers ministres de Louis VI ont été Étienne de Garlande, un archidiacre, et Suger, un abbé. Tous les ordres nouveaux fondés de son temps reçurent de lui des gages de sympathie, mais principalement la communauté de Saint-Victor de Paris et l'abbaye de filles de Montmartre; il intervient sans cesse dans les affaires de l'Eglise; il veut être le maître de son clergé et s'attribue le droit de prononcer sur les différends des ecclésiastiques. En 1110, l'évêque de Laon, Gaudry, complice d'un meurtre, est banni. En 1101, le roi avait juré que, lui vivant, Galon ne serait jamais installé sur le siège de Beauvais celui-ci ne put entrer en possession de son évêché; un véritable traité de paix fut signé entre Louis et le chapitre de Beauvais (1104); Galon fut transféré au siège de Paris. Raoul, archevêque de Reims, fut reconnu par Louis comme archevêque à la condition de jurer fidélité au roi (1108). Louis soutient énergiquement ses candidats. A Morigny, à Auxerre, à Tours, à Arras, il intervient. Il se fâche de n'avoir pas été consulté même pour l'élection de Suger en qualité d'abbé de Saint-Denis (1122). Partisan de l'indépendance gallicane, il lutte contre l'esprit réformiste et malmène Yves de Chartres, Hildebert de Lavardin, Etienne de Senlis, ce dernier, évêque de Paris; l'interdit qu'Etienne avait jeté sur son diocèse fut levé par le pape à la demande du roi (1129).

Les rapports de Louis le Gros avec les classes populaires sont curieux. Pour ce qui est des serfs, il s'est montré fort soucieux de conserver intact son patrimoine, et les affranchissements de serfs royaux faits par lui furent assez peu nombreux. S'il accorde des privilèges aux habitants de localités rurales, c'est surtout par suite du désir d'être agréable au clergé. On lui a donné longtemps, bien à tort, le titre de père des communes. Beaucoup de chartes communales ont été octroyées par lui, mais de préférence en dehors de son domaine. Il encourageait l'établissement des communes chez ses voisins par les mêmes raisons qui le rendaient peu favorable à l'organisation de ces pouvoirs sur ses terres. On n'a que trois des chartes de commune directement émanées de lui, celles de Laon et de Saint-Omer principalement. Par des pariages, il étendit encore sa domination sur des villes appartenant à des seigneuries particulières et fonda en cela également une tradition monarchique. Sa bienveillance à l'égard des classes inférieures et malheureuses de la société la porta à s'occuper beaucoup des hôpitaux et maladreries. Il n'y a donc pas à s'étonner que l'imagination populaire ait pu aller jusqu'à en faire un thaumaturge. Il fut surnommé aussi par le peuple le Justicier.

ll avait épousé, en 1115, Alix ou Adélaïde, fille de Humbert II, comte de Maurienne ou de Savoie, femme de mérite qui prit sur lui une heureuse influence et combattit le crédit exagéré d'Etienne de Garlande, à la fois chancelier et sénéchal. La disgrâce de ce favori qui avait voulu disposer de sa charge de sénéchal, sans l'assentiment préalable du roi, mit fin aux difficultés soulevées par la question de l'hérédité des grands offices. En cela encore Louis le Gros établit une tradition. A partir de 1128, la direction de la politique royale appartint à deux personnages restés jusque-là au second plan, le comte Raoul de Vermandois et Suger. Pour la première fois sous Louis VI, un personnel de serviteurs intelligents et dévoués apporta au souverain un concours qui permet de dater de ce règne la fondation du gouvernement capétien. Quand il mourut, Louis VI était depuis des années très affaibli, souffrant de ses blessures et envahi par un embonpoint qui l'empêchait presque de se mouvoir, mais il se trouvait toujours rempli de vigueur morale.

Il eut de son mariage sept fils : Philippe, roi désigné dès 1125, couronné le 14 avril 1129 et mort d'une chute de cheval le 13 octobre 1131; puis Louis, associé à la couronne le 25 octobre suivant; Henri, archevêque de Reims; Robert de Dreux; Pierre de Courtenay; Philippe, archidiacre de Paris, et Hugues qui fut peut-être moine à Tiron; et une fille Constance, qui épousa Eustache, comte de Boulogne, et en secondes noces Raymond V, comte de Toulouse. De Lucienne de Rochefort il avait eu une fille, Isabelle, femme de Guillaume, sire de Chaumont. 

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